Ultime délibération pour le commissariat

Vendredi soir, le conseil municipal a voté, à la majorité, la décision de substituer au commissariat de police la gendarmerie à l’issue d’échanges houleux.

Une page se tourne. Et cette fois, définitivement. Vendredi soir, les conseillers municipaux ont entériné la décision du ministre Manuel Valls de fermer le commissariat et de lui substituer la gendarmerie. Non, le conseil n’a pas voté contre la décision ministérielle. Non, le dossier ne passera pas par la case Conseil d’État. Au fil de trente-cinq minutes d’un débat houleux voire agressif, le sénateur-maire et les représentants des oppositions ont avancé leurs arguments (lire la NR de samedi).

Yvon Chéry (« Dialogues à gauche ») a repris sa calculatrice (*). « Un premier point me frappe depuis le début, c’est une constante dans la manipulation des chiffres. Avec des soustractions, vous faites une addition. C’est une forme de comptabilité qui trompe la population », lance-t-il à l’adresse du sénateur-maire. « Que sont les effectifs réels ? Nous avons de sérieux doutes à avoir sur le maintien de la sécurité après le transfert. A Guingamp, l’accueil de nuit a été stoppé au bout de six mois », poursuit l’élu qui évoque les exemples de Saint-Gaudens où la mobilisation des élus de gauche a permis de faire échouer la fermeture, celle de Thouars où la décision a été reportée. Et de conclure : « Il est dommageable d’affaiblir ce front du refus ».
Jeanny Lorgeoux a, lui aussi, repris sa comptabilité. « Il n’y a pas de manipulation ! Nous avons négocié, encore la semaine dernière, les modalités. » Et le sénateur-maire de rappeler les demandes « satisfaites », en terme d’accueil, de patrouilles, etc. « Il n’y a que les vacations funéraires qui reviendront dans le giron de la commune. Notre souci a été d’obtenir les garanties maximales. »
Claude Naudion (« Agir tous ensemble ») a regretté vendredi « l’absence de conduite unanime » dans le dossier. Comme Yvon Chéry et François Gabillas, il déplore que le processus ne soit pas mené par les élus jusqu’au Conseil d’État. Pour le sénateur-maire, la position serait alors « purement cosmétique » puisque « le ministre a décidé ». La délibération est votée à la majorité, les oppositions ayant voté contre.

(*) Les effectifs du commissariat sont de 48 policiers. Le redéploiement prévoit l’installation de 34 gendarmes (dont 25 dans une brigade autonome dédiée). Ils s’ajouteront aux 24 déjà présents à l’état-major de la compagnie de Romorantin et qui interviennent sur l’ensemble de son territoire.

à chaud

” Les syndicats, je les attends encore “

« Alliance aurait été bien inspiré de travailler avec moi », lance l’édile, alors que François Gabillas évoque la lettre ouverte diffusée dès vendredi dernier par le syndicat de police Alliance exhortant les élus à se prononcer contre la fermeture du commissariat. De quoi fâcher sérieusement Yvon Chéry : « Il est intolérable de dire que les syndicats sont responsables d’une décision prise par le ministère ! » Il quittera d’ailleurs la séance après le vote. Et Jeanny Lorgeoux de rappeler qu’en septembre 2012, il avait reçu les syndicats de police pour partager les informations dont il disposait alors. « S’ils voulaient défendre le commissariat, nous pouvions travailler ensemble. Je les attends encore. Et le 12 janvier (jour de manifestation organisée par le comité citoyen de vigilance des services publics, NDLR), j’étais en mission à l’étranger. Les syndicats doivent regarder ce qu’ils ont fait ou pas. Personne n’a le droit de dire que je n’ai pas défendu loyalement le commissariat. Quand j’ai vu que je ne pouvais renverser la vapeur, j’ai essayé d’avoir les meilleures garanties possibles. »

billet

Procès-verbal

Après des mois de doutes, de négociations, d’actions citoyennes, de prise de bec politiques et syndicales, le couperet est tombé. En validant la décision ministérielle, le conseil municipal a entériné la fin du commissariat et l’arrivée de gendarmes en nombre sur la ville et ce, plusieurs années après les premiers coups de semonce. D’ici la fin de l’été, tout va se mettre en place. Déménagements pour les uns, aménagements pour les autres et mutations pour tous. La fin d’une époque… et celle, aussi, de la main courante.

Vanina Le Gall nr.romorantinAnrco.fr

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