Tour de France 2018. Les Gardiens du Tour : la gendarmerie dans ses derniers préparatifs Avant le départ du Tour de France, les gendarmes enchaînent les réunions avec les différents acteurs de l’événement.

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Pendant plus de trois semaines, chaque jour d’ici au 29 juillet, des ultimes préparatifs du Grand Départ du Tour de France jusqu’à l’arrivée finale sur les Champs-Élysées, la gendarmerie est l’invitée de Ouest-France au travers cette série intitulée les Gardiens du Tour.

L’air de rien, il s’agit de sécuriser la troisième manifestation sportive la plus importante au monde – après les Jeux Olympiques et la coupe du monde de football –, une épreuve de surcroît qui se déroule sur une chaussée ouverte, publique, gratuite, accessible à tous et longue de… 3 351 kilomètres. On s’y prépare donc en gendarmerie avec la plus grande minutie et, comme les équipes de coureurs, de longue date ! Mais si la mission est redoutée – et elle l’est, car elle est redoutable –, la mission est aussi très appréciée. On s’y prépare avec attention, mais on s’y prépare avec joie.

Une joie vite estompée

Et puis le moment vient. Les gendarmes « permanents » du Tour ont préparé leur valise, ont vérifié leurs documents, leur matériel et que tous les numéros utiles étaient entrés dans leur répertoire. Ils ont alors pris la route, enjoués et prêts. Mais quelques instants plus tard, ils ont appris le décès d’un camarade, de leur camarade, leur partenaire d’entraînement, leur voisin de caserne, leur ami, leur frère d’armes, comme eux et avec eux motocycliste de l’escadron de la garde républicaine.

Un camarade, donc, de ce fameux escadron moto, inséparable du Tour de France depuis 1953, dont nous aurons l’occasion de reparler bien des fois. Ce camarade, c’est ou c’était (on ne sait pas exactement encore comment dire) le garde Guillaume D., qui a tant de fois servi sur la mission Tour de France, victime mardi, à moto, d’un accident de la route, en chemin pour une tout autre mission en région parisienne. Alors mardi, pour cette première journée sur le Tour, changement d’ambiance soudain pour les gendarmes partis en début de semaine de Dugny (en Seine-Saint-Denis, commune d’implantation de la caserne de l’escadron moto). Je pense à eux au moment d’écrire ce billet, dédié à la mémoire de ce militaire.

Néanmoins, l’effervescence en Vendée va croissant. Gabriel Lothe, officier de liaison de la gendarmerie sur le Tour de France, est arrivé mardi sur le site du Grand Départ, car « sur place les dernières grandes réunions de sécurité se succèdent, pour procéder aux derniers calages, aux derniers réglages ».

Une prise de contact avec tous les acteurs

En commençant, mercredi, par les réunions rassemblant les organisateurs du Tour de France et les autorités publiques territoriales (préfet, élus locaux, forces de sécurité dans leur diversité) pour rebalayer ensemble une dernière fois les manœuvres mises en place par chacun en vue de garantir la fluidité et la sécurité des événements du week-end. « On vérifie qu’on est tous d’accord par exemple sur l’heure de fermeture et de réouverture de tel ou tel axe, on s’assure aussi que tout le monde sera bien à sa place, des choses comme ça. » On tient compte également des derniers développements de l’actualité, mais de cela toute la presse parle déjà.

Il y a aussi la réunion avec les coureurs – elle s’est tenue jeudi – et celle avec les directeurs sportifs, qui a eu lieu ce matin. « On prend la parole pour leur expliquer le dispositif gendarmerie mis en place pour trois semaines, comment on va travailler, ce que l’on attend d’eux. Eux nous disent aussi ce qu’ils attendent de nous, on se met d’accord par exemple sur les façons pour nos motos de remonter le peloton. Le but est de créer d’emblée un lien, avant le départ, pour nourrir et simplifier les relations pendant les 21 jours de course. »

Puis, aujourd’hui toujours, la réunion avec les caravaniers. « On s’adresse à toutes les personnes de la caravane publicitaire, conduisant un véhicule ou passagers-animateurs, explique Gabriel Lothe, pour leur rappeler les règles qu’elles doivent appliquer, les techniques de la gendarmerie pour les contrôler et les sanctions auxquelles elles s’exposent en cas de non-respect, le but étant évidemment d’assurer la sécurité du public et de chacun. »

Le Tour part demain !

Une fois le bal des réunions terminées, une fois les ultimes vérifications de terrain effectuées, les gendarmes se retrouveront ce soir entre eux dans un réflexe naturel de cohésion, une dernière fois avant la 1re étape. Ils se retrouveront à la permanence ASO, mise en place par les organisateurs du Tour, qui depuis mardi leur sert de bureau, de lieu de vie et de quartier général. Un dernier coup d’œil sur les cartes de France, du département et du Tour. Des dernières consignes en interne, partagées avec le groupement de gendarmerie de Vendée. Des derniers encouragements. Et voilà, maintenant on y est, le Tour part demain.

Jean-Baptiste Verrier est un « civil » de 32 ans, novice de la gendarmerie nationale qu’il a rejointe voici seulement quelques mois. À travers « Gardiens du Tour », il nous fait découvrir cette institution « de l’intérieur », en même temps qu’il la découvre lui-même.

Source : Ouest-France

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