Tariq Ramadan : derrière le « professeur », un simple chargé de cours

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Ramadan, qui se présentait comme « professeur de philosophie et d’islamologie à l’université de Fribourg », n’a jamais eu aucun statut académique en Suisse.

Près de deux mois plus tard, le Conseil d’État (gouvernement) du canton de Fribourg (Suisse) a répondu à une question posée par le député Xavier Ganioz, vice-président du Parti socialiste. Comme le rectorat avant lui, le gouvernement a confirmé que Tariq Ramadan n’avait jamais eu aucun statut académique à l’université de Fribourg. Alors qu’il se présentait partout comme « professeur de philosophie et d’islamologie à l’université de Fribourg », le prédicateur n’était en fait que chargé de cours dans le domaine des sciences des religions de la faculté de lettres. Son enseignement, une « introduction à l’islam », se limitait à une heure par semaine. Le gouvernement fribourgeois précise qu’entre 1997 et 2002, ce cours n’était même pas payé, « sur demande de Tariq Ramadan lui-même ». Puis, il a été rémunéré « au tarif ordinaire ».

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Pour le petit-fils d’Hassan al-Banna, le fondateur des Frères musulmans en Égypte, qui partait à cette époque à la conquête des banlieues françaises, il était essentiel de se présenter comme un brillant intellectuel, afin de rejeter dans l’ombre les autres prédicateurs. Dans la page « Débats » du Monde du 31 mars 2005, Tariq Ramadan défendait son « moratoire sur l’application de la charia dans le monde musulman », et signait « professeur de philosophie et d’islamologie à l’université de Fribourg ». Pourquoi à cette époque cette université réputée ne lui a-t-elle pas demandé de ne plus usurper ce titre prestigieux ?

Pas d’activité d’enseignement à Oxford

En Suisse, depuis plusieurs mois, l’affaire Ramadan a pris une telle dimension que La Liberté, le quotidien de Fribourg, n’a même pas mentionné le nom de Ramadan dans le titre, se contentant de : « Il n’a jamais été professeur. » Le gouvernement fribourgeois tient malgré tout à préciser que « le rectorat n’a été avisé d’aucune plainte déposée dans le cadre des activités de celui-ci au sein de l’université », note Le Temps, le quotidien de Lausanne. Tariq Ramadan est soupçonné d’avoir harcelé certaines de ses élèves au collège de Saussure, à Genève, où il a enseigné le français, de 1984 à 2004. Mis en examen pour viols en France, où il est visé par trois plaintes, l’islamologue est incarcéré depuis le mois de février.

Tariq Ramadan n’est apparemment pas à une approximation près quant à ses titres universitaires. En 2005, il annonçait qu’il s’installait en Grande-Bretagne et qu’il rejoignait le prestigieux Saint-Antony’s Collège, un établissement d’enseignement supérieur rattaché à l’université d’Oxford, bénéficiant d’une bourse. Le prédicateur suisse oubliait de préciser qu’il n’y allait qu’en tant qu’« universitaire-invité ». Le Monde daté du 27 août 2005 soulignait qu’« il ne devrait pas avoir d’activité d’enseignement ». Ce n’est que plusieurs années plus tard, en 2009, que Tariq Ramadan a obtenu une chaire de professeur d’études islamiques contemporaines à l’université d’Oxford, financée par le Qatar. Auteur très prolifique (il a signé plus d’une vingtaine d’ouvrages, notamment L’Islam et le Réveil arabeLes Musulmans d’Occident et l’Avenir de l’islam), en revanche le petit-fils d’Hassan al-Banna se singularise par l’absence de travaux universitaires. Une anomalie dans le monde de l’enseignement supérieur.

Source : Le Point

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