Syndicats ou Associations ? Mais un “Truc” à nous !

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Beaucoup de nos camarades gendarmes se posent des questions et démontrent également leur méconnaissance et leur à priori concernant les syndicats ou associations professionnelles.

Sur différents sites que je ne nommerai pas j’ai relevé une partie de leurs questionnements ainsi que certaines affirmations démontrant des idées préconçues.

Nous allons essayer d’y répondre :

« il faut aller sur un groupement professionnel apolitique »

Une chose est certaine un groupement associatif ou syndical se doit pour réussir sa mission d’être apolitique. Cela est primordial en milieu militaire d’autant plus que c’est dans notre culture.

« je doute en l’association professionnelle qui à mon sens ne fera pas de poids dans la balance » 

L’auteur de cette phrase se refuse à un syndicat, cela est semble-t-il  pour lui un gros mot. Le syndicat représente pour lui tous les maux de la terre et possède tous les défauts. Mais il ne croit pas non plus en l’association professionnelle…

En cela il oublie que nos pères se sont battus en 1936 et que c’est par les syndicats qu’ils ont obtenus toutes les avancées sociales que nous connaissons ;  Les congés payés, le minimum vieillesse, la sécurité sociale, le temps de travail, etc… Si aujourd’hui certains syndicats se sont détournés de leurs missions initiales ( la défense du travailleur ) et font de la politique, c’est à nous de refuser ces dérives.

« Face au syndicats que nous connaissons et dont nous ne voulons pas, il faut être capable de lutter avec un truc à nous. »

Bien sur qu’il faut un « truc » à nous et c’est pour cela que nous devons ensemble construire et modeler ce « truc ». Il faut ne pas avoir peur des mots  et créer des associations professionnelles ou des syndicats. Remarquez que j’utilise le pluriel car j’estime que c’est dans la diversité que se trouvent la richesse et la réussite.

« Quelque chose qui soit fort mais pas destructeur. »

Oui un syndicat ou une association se devra d’être fort, mais en quoi ce « truc » serait destructeur ?  Pourquoi avoir aussi peur et être aussi frileux ?

Oui depuis les Arrêts de la CEDH nous nous trouvons dans une situation nouvelle et inconnue. Mais ce n’est pas la première fois que la Gendarmerie est confrontée au changement. A chaque épisode de son histoire elle a su s’adapter et en sortir grandie.

« Il faut que ce groupement soit reconnu pas les chefs et que le dialogue s’instaure et soit la règle ».

Ce n’est pas aux chefs de reconnaître spontanément l’association ou le syndicat. C’est à cette entité de se faire reconnaître. Celle-ci ayant une existence légale, prévue par la Loi, nécessairement « les chefs » seront placés face à leurs obligations de dialogue et d’écoute. Le relationnel s’instaurera de manière naturelle dans la mesure ou les parties se porteront un intérêt réciproque.
 

« avoir une structure qui travaille au forceps avec la hiérarchie s’appelle un syndicat donc et ce n’est pas ce que nous voulons me semble t-il. »

Que ce soit un syndicat ou une association il n’est pas question de « travailler au forceps » mais au contraire avec une franche et sincère collaboration dans l’intérêt de chacun, du Gendarme mais aussi de la Gendarmerie.

« Le temps dédié doit être fixé dans les statuts »

Il n’est pas question de temps dédié et ce temps ne peut être calculé ou prévu à l’avance. Ce temps dépend surtout des dossiers que les structures créées auront à gérer.

« le dépôt des statuts ouvre des droits, des subventions, un budget, des locaux… »

On est pas au pays des Bisounours, avant de prétendre que le dépôt des statuts ouvre des droits, il serait bon d’étudier d’abord le détail de la Loi de 1901 pour ce qui concerne les associations et le Code du Travail pour ce qui concerne les syndicats.
Pour les associations le dépôt des statuts ouvre le droit d’ester en justice. Du côté des subventions, celles-ci sont constituées par les cotisations des adhérents.

« et il faut bien évidemment avoir des gens sur le terrain qui remontent les difficultés auxquelles il sont confrontés chaque jour les unités »

Ceci est évidemment laissé à l’appréciation et au bon vouloir de chacun et dans la mesure où il est adhérents à l’une de nos structures.

« mais aussi de bureaux armés de permanents et de sachant.»

Imaginer que la gendarmerie ou un corps d’armée détachera de manière permanente du personnel pour armer les bureaux d’un syndicat ou d’une association est totalement utopique. Ces bureaux ne seront armés que par du personnel volontaire (œuvrant en dehors des heures de service). Quand aux « sachant » ceci dépendra de la qualité des bénévoles.

Depuis tout temps les militaires ont été brimé dans leurs droits fondamentaux et dans leur liberté d’expression par un Code de la Défense écrit et crée par nos autorités. Croire que suite aux arrêts de la CEDH ces autorités vont miraculeusement donner des bureaux et du personnel pour garantir ces droits est totalement utopique.

C’est à nous tous d’avoir le courage de se  prendre en main et non pas attendre que quelqu’un le fasse pour soi.

« Il faut des personnels efficaces, et élus lors d’élections professionnelles. »

La réponse à cette question est directement ci-dessus.

« L’essentiel qui doit être dit est simple, si demain nous avons des gendarmes qui abreuvent de leurs subvention les syndicats de police il participeront au sabordage de l’institution. A ce jour nous n’avons rien pour faire barrage et afficher notre solidarité. »

Avec les arrêts de la CEDH, il n’y a aucune possibilité de faire barrage à l’adhésion de nos camarades en direction des syndicats de Police. En outre ce serait contraire à la liberté de chacun. C’est donc à nous de créer les structures adéquates afin de séduire nos camarades ou collègues.

« Nous ne pouvons pas être représentés par les retraités car même si je les apprécie, il faut avoir une représentation d’actifs pour les actifs. »

Ceci est une affirmation totalement gratuite et complètement erronée. Cette idée est  justement distillée de longue date par une hiérarchie qui craint en effet la présence de retraités au sein de ces structures et sur lesquels elle n’aura aucun pouvoir coercitif.

Il est en effet de l’intérêt de la hiérarchie que les “responsables” élus ou “désignés” des associations ou syndicats, soient des militaires actifs, soumis à l’Autorité, au devoir de réserve et au Règlement de Discipline Générale. Ceux-ci seront plus facile à museler le cas échéant, les intéressés ayant tous une famille et une carrière à gérer.

C’est facile à vérifier, demandez donc à votre camarade de prendre la présidence d’une telle association ou d’un syndicat, et vous verrez sa réponse.

Et vous même ! Êtes  vous prêt à vous engager sur ce chemin ?

A cet effet je vous invite a lire attentivement mon texte : « Le rôle des Retraités au sein de la Gendarmerie. (Associations ou Syndicats) »,  à le commenter et à m’opposer une argumentation point par point pour me contredire.

« Nous ne pouvons pas être représentés par des associations interarmes car les autres militaires ont toujours été un frein à nos avancées et nous sommes spécifiques du mindef. » 

Encore une affirmation fausse et sans fondement. Une association et un syndicat possèdent des statuts, c’est dans la création de ces statuts que réside le droit et la justice pour tous. Avant d’adhérer à une telle structure il convient d’étudier les statuts de cette structure et voir si elle vous convient.

En conclusion et après ces réflexions je ne peux que vous inciter à rejoindre notre association, l’Association Professionnelle Gendarmerie (APG).

Ronald Guillaumont

président de l’APG

PG100

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