Suite à la plainte déposée par notre syndicat de police contre l’émission Sept à huit diffusée sur TF1 le 29 novembre dernier

Suite à la plainte déposée par notre syndicat de police contre l’émission Sept à huit diffusée sur TF1 le 29 novembre dernier pour atteinte à la présomption d’innocence de nos collègues dans l’affaire Zecler, le CSA vient de publier sa réponse

csa

Voici l’intégralité du texte :

Monsieur,

Vous avez saisi le Conseil supérieur de l’audiovisuel au sujet de la diffusion sur TF1, dans l’émission Sept à huit, le 29 novembre 2020, d’un reportage consacré à une affaire judiciaire en cours.

Le Conseil a examiné cette séquence, au regard des obligations de l’éditeur, lors de sa séance du 3 mars 2021.L’article 1er de la délibération du Conseil du 18 avril 2018 prévoit que « L’éditeur (…) doit assurer l’honnêteté de l’information et des programmes qui y concourent. (…) L’éditeur garantit le bien-fondé et les sources de chaque information. Dans la mesure du possible, l’origine de celle-ci doit être indiquée. L’information incertaine est présentée au conditionnel. Il fait preuve de rigueur dans la présentation et le traitement de l’information. » L’article 3 de ce texte précise également que, « dans le respect du droit à l’information, la diffusion d’émissions, d’images, de propos ou de documents relatifs à des procédures judiciaires ou à des faits susceptibles de donner lieu à une information judiciaire nécessite qu’une attention particulière soit portée au respect de la vie privée, au respect de la présomption d’innocence (…). Lorsqu’une procédure judiciaire en cours est évoquée à l’antenne, l’éditeur doit veiller à ce que : / – l’affaire soit traitée avec mesure, rigueur et honnêteté ; / – le traitement de l’affaire ne constitue pas une entrave caractérisée à cette procédure ; / – la présentation des différentes thèses en présence soit assurée, en veillant notamment à ce que les parties en cause ou leurs représentants soient mis en mesure de faire connaître leur point de vue. »

En l’espèce, le Conseil a observé que les thèses en présence avaient été rappelées à l’antenne. Il a également pris acte du fait que, dans le cadre de l’échange contradictoire qu’il a mené avec l’éditeur, celui-ci lui a indiqué avoir tenté, sans succès, de recueillir le point de vue des policiers mis en cause, ainsi que celui de leurs conseils. Par ailleurs, le Conseil a constaté que l’éditeur avait pris les précautions nécessaires afin de se conformer au principe du respect de la vie privée. Enfin, il a estimé que, pour explicites qu’aient été certains propos tenus à l’antenne hors champs, leur diffusion n’avait pas méconnu l’exigence d’honnêteté et de rigueur dans la présentation de l’information.

Dans ces conditions, le Conseil n’a pas identifié de manquement de l’éditeur à ses obligations. Il n’est donc pas intervenu auprès de lui.

Cordialement,CSA – Direction de la communication

Analyse de la réponse du CSA par notre syndicat de police :

TF1 justifie l’absence de contradictoire dans son reportage en arguant du fait que la chaîne aurait tenté, sans succès, de recueillir le point de vue des policiers mis en cause, ainsi que celui de leurs conseils.

TF1 fait preuve d’une particulière mauvaise foi sachant que les collègues mis en cause n’ont pas le droit de s’exprimer publiquement et qu’au moment du tournage, ils n’avaient pas encore d’avocat désigné.

Sept à huit avait tout le loisir de donner la parole à notre syndicat de police pour faire entendre une parole contradictoire sachant que nous avons été les seuls à remettre immédiatement en cause la version officielle servie par Loopsider.

Toutefois, TF1 a préféré diffuser un reportage totalement à charge contre les policiers et ce, avec la bénédiction du CSA.

Nous regrettons le manque de déontologie de l’éditeur et demandons un droit de réponse à la chaîne.

Source : France Police

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