Sizun. Les gendarmes renouent le dialogue à vélo

la-brigade-territoriale-autonome-de-contact-de-sizun-ne_4224123_673x434pLa brigade territoriale autonome de contact de Sizun ne verra le jour qu’en 2019. Mais depuis 15 jours, une patrouille de prévention et de contact sillonne déjà la commune et ses environs. À vélo.

Dans le Finistère, l’un des 20 départements à expérimenter le dispositif, la police de sécurité du quotidien est avant tout l’affaire de la gendarmerie. À Sizun, une patrouille de prévention et de contact vient de voir le jour. Elle circule notamment à vélo.

200 interventions par an en moyenne. À Sizun, 2 370 âmes, les gendarmes ne travaillent assurément pas dans un secteur sensible. Reste que le sentiment d’insécurité est parfois aussi prégnant à la campagne qu’en zone urbaine. Raison pour laquelle c’est ici, au nord des monts d’Arrée, que les militaires finistériens ont choisi de lancer, il y a une quinzaine de jours, une patrouille de prévention et de contact. Une initiative qui entre dans le cadre du dispositif de police de sécurité du quotidien (PSQ), créé en début d’année par l’ex-ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb.

« Il s’agit d’une première étape avant le déploiement d’une brigade territoriale autonome de contact, début 2019 », souligne le chef d’escadron Laisney, commandant la compagnie de gendarmerie de Plourin-lès-Morlaix.

Cette dernière aura vocation à reconquérir les cœurs en renouant le dialogue avec la population. Et ce, sur un territoire comprenant aussi les communes voisines de Locmélar, Saint-Sauveur et Commana. Soit un bassin de vie d’environ 5 000 habitants.

 

« Inverser la tendance »

 

Concrètement, depuis le 1er octobre, deux des sept militaires de la brigade de Sizun, placée sous le commandement de l’adjudant-chef Bonneau, sillonnent le secteur à pied ou à vélo électrique. Sauf urgence, ils n’assurent pas d’interventions et les procédures judiciaires sont réduites afin qu’ils puissent remplir efficacement leur mission : être vus. Cinq jours sur sept mais tous les week-ends. Le binôme changera tous les mois.

La lourdeur des tâches administratives et judiciaires a fait en sorte que, ces dernières années, le gendarme était davantage à son bureau que sur le terrain.

« Le contact n’avait pas été perdu, précise le commandant Laisney. Mais la lourdeur des tâches administratives et judiciaires a fait en sorte que, ces dernières années, le gendarme était davantage à son bureau que sur le terrain. Notre but est d’inverser la tendance ».

 

Présence sur deux-roues bien perçue

 

Pour les gendarmes Durand et Masson, 22 et 26 ans, qui essuient actuellement les plâtres, cette nouvelle mission sonne comme un retour aux fondamentaux. « Le terrain, c’est notre ADN. Et en se réappropriant la population, on change aussi notre image ». Force est de constater qu’au marché hebdomadaire de Sizun, ce mercredi, leur présence sur deux-roues a été plutôt bien perçue, une fois passé l’étonnement. « Le vélo fait partie d’un mode de locomotion parmi d’autres, indique le commandant Laisney. Il sera surtout utilisé l’été, dans les zones d’affluence touristique. Mais il faut bien avouer qu’à l’instar des patrouilles à pied, ça favorise le contact ». De fait, le dialogue s’est vite instauré entre les forces de l’ordre et des badauds souriants. Et rassurés.

Outre les vélos électriques, la brigade de Sizun a aussi été dotée d’un véhicule tout-terrain, afin de pouvoir sillonner des endroits difficiles d’accès, tels que le Menez Meur. Ainsi que de moyens radios.

Accessibles, les gendarmes n’en demeurent pas moins armés et équipés de gilets pare-balles lorsqu’ils patrouillent. Même à vélo. Et qu’on se le dise, en cas de flagrant délit, ils ne resteront pas les bras croisés.

Source : Le Télégramme

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