Sentinelle Des terroristes aux gilets jaunes, un risque pour les armées et le gouvernement

Les soldats de l’opération antiterroriste Sentinelle seront mobilisés, ce samedi à Paris, en appui des forces de sécurité intérieure lors du nouvel épisode des gilets jaunes. S’il s’agit de libérer des policiers de tâches statiques, le risque potentiel et la communication gouvernementale laissent songeurs.

B9718985011Z.1_20190321182542_000+GDBD7POD1.2-0Les soldats de l’opération Sentinelle (ici des hommes du 41e régiment de transmissions de Douai en août) s’entraînent quotidiennement aux techniques de combat rapproché, aptes à éviter l’utilisation du fusil d’assaut… PHOTO THOMAS LO PRESTI – VDNPQR

La décision de déployer l’opération antiterroriste Sentinelle (3 500 soldats environ sur l’Ile-de-France depuis les attentats de janvier 2015), ce samedi 23 mars pour le dix-neuvième épisode des gilets jaunes à Paris, est un étonnant coup de menton et de communication gouvernemental.

Certes, les soldats seront chargés de garder des édifices publics emblématiques (Élysée, Matignon, Parlement) et permettront de libérer des effectifs policiers trop statiques les samedis précédents. Les militaires ne devraient pas entrer en contact avec les manifestants. Mais rien que de parler au conditionnel, dans une époque aussi incertaine, ne rassurera personne. Que se passera-t-il au juste, si au détour d’une rue menant au palais de la présidence, des excités escaladent les barrières antiémeutes gardées par les militaires ?

L’instruction interministérielle du 10 novembre 2017 aborde le sujet complexe du « cas exceptionnel de la participation des armées à des opérations de maintien de l’ordre impliquant la confrontation à une foule hostile ». L’article 21 paraît clair : «  Les armées n’ont pas vocation à être engagées dans les opérations de maintien de l’ordre impliquant le contrôle ou la dispersion de manifestations, de foule ou d’émeutes sur la voie publique et ne peuvent intervenir qu’en ultime recours, sur décision des autorités gouvernementales. » On n’ose imaginer la tête de l’ultime recours.

Il serait alors mis en œuvre «  des techniques spécifiques destinées à contrôler, maintenir, filtrer ou interdire momentanément la liberté de mouvement des personnes dans des espaces déterminés ». Le cas est donc prévu mais son utilisation incertaine. Quid de l’armement ?

Car si le soldat français est formé pour faire la guerre, éventuellement pour donner la mort, s’il est habitué et entraîné au contrôle de foules, notamment dans les pays africains, il paraît peu habilité au maintien de l’ordre sur notre sol national, métier dévolu aux forces de sécurité intérieure. Atteindre cette extrémité et prendre ce risque potentiel pour un gros millier de manifestants réunis en « black bloc » paraît disproportionné.

La nouvelle stupéfie en général les habitués de la chose militaire. Voici une sélection de quelques tweets éclairants

Michel Goya, ancien colonel de l’armée de terre et historien :

Capture d’écran 2019-03-23 à 21.17.33Lire la suite : La Voix du Nord

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