Saint-Brieuc. Vidéo : à bord du véhicule de la brigade rapide d’intervention

C’est le véhicule le plus rapide des gendarmes : la Mégane RS, capable d’atteindre 265 km/h, intervient tous les jours sur les routes du département, pour des excès de vitesse, des accidents ou de simples contraventions. Reportage à bord. Sur la voie de gauche.

L’aiguille du compteur grimpe : 130, 150, 170, 190. Puis redescend brusquement à 90 km/h. À l’avant, les véhicules se rabattent ou s’écartent plus ou moins vite, malgré la sirène deux tons et les gyrophares. Il n’est pas encore 10 h, ce samedi matin, et la circulation est déjà particulièrement dense sur la RN12. D’où les accélérations et les freinages incessants à bord de la Mégane RS bleue de chez Renault Sport. Dans l’habitacle du véhicule de gendarmerie, le maréchal des logis-chef Jérôme Prati et son copilote, le capitaine Pascal Viderquin, n’ont qu’une obsession : arriver au plus vite sur l’accident qui vient de se produire à hauteur de Lanvollon. À la radio, leurs collègues du Cog (le central qui réceptionne les appels au 17) les ont informé d’un véhicule parti en tonneaux.

Jusqu’à 230 km/h sur la RN12
« Les quatre pilotes de la BRI (Brigade rapide d’intervention) qui se relaient au volant de la Mégane sont un peu mes yeux lorsqu’il y a un accident », éclaire le capitaine Viderequin, commandant en second de l’escadron départemental de sécurité routière (75 militaires dédiés à la surveillance de la route). « Ils sont capables de se projeter très rapidement pour sécuriser les lieux, évaluer les besoin de renforts et, le plus important, porter secours ». De fait, quelques minutes après être partis d’Yffiniac, et après une dernière pointe à 230 km/h, les deux gendarmes arrivent sur les lieux de l’accident, bien avant leurs collègues de Guingamp. Deux agents de la Diro, en combinaisons orange, sont également présents. Des plots ont déjà été mis en place. Quant à l’automobiliste accidentée, elle est saine et sauve. Pas blessée mais extrêmement choquée et très pâle, assise sur la rambarde de sécurité. « C’est une miraculée », glisse une conductrice qui lui a porté les premiers secours.

Amende à payer cash pour les étrangers
Quelques minutes plus tard (après avoir retrouvé dans un fossé l’une des roues de la voiture accidentée et appelé les pompiers), l’équipage de la Mégane redémarre, direction la prochaine sortie de la RN12, pour un contrôle vitesse. Une autre mission des pilotes de la BRI, « même si nous cherchons surtout à être vus et à impressionner puisque la visibilité fait partie de la prévention », décrypte le maréchal des logis-chef Prati. Ce samedi matin, en raison de la circulation, les vitesses excèdent rarement les 120 km/h. Seule exception, le conducteur belge d’une grosse Audi, contrôlé à 129 km/h (soit 135 ou 140 au compteur selon les gendarmes). Très vite, la Mégane et ses deux occupants sont à sa hauteur et le vacancier doit se garer, avant de s’acquitter d’une amende de 45 €. Immédiatement. « C’est la loi pour les conducteurs étrangers. Ils n’ont pas le droit de reprendre leur véhicule tant qu’ils n’ont pas payé », enseigne le capitaine Viderequin. « En général, ils trouvent toujours. Même quand c’est 750 € après un excès de vitesse de plus de 50 km/h ». Un peu plus tôt dans la matinée, un conducteur italien avait subi le même sort : 90 € à régler tout de suite, pour avoir oublié de mettre sa ceinture de sécurité.

La route s’ouvre devant la Mégane
Il est désormais presque midi et le pilote de la BRI (formé sur le circuit du Mans) rejoint Saint-Brieuc, après s’être greffé à une opération de contrôles infructueuse du côté de Plénée-Jugon : aucun véhicule n’a dépassé les limitations de vitesse. C’est à cet instant que la radio signale un nouvel accident du côté de Lamballe. Sans davantage de précision. Problème, à cette heure-ci, la RN12 est commence à bouchonner. Malgré tout, les automobilistes se rangent et la route s’ouvre à l’arrivée de la Mégane… qui rebrousse finalement chemin à plusieurs kilomètres du but. « Fausse alerte et fin de l’intervention », informe la radio. Il est alors temps de rentrer à la caserne pour le pilote et son copilote, sans dépasser les 100 km/h cette fois. « Nos missions excèdent rarement trois heures, en raison de la concentration que cela nécessite. Mentalement et physiquement, c’est très fatiguant ».

Source et Vidéo : Le Télégramme

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