Rochefort : Alain Giorgis, nouveau commandant des écoles de la gendarmerie nationale

Âgé de 57 ans, le général aux quatre étoiles a connu un parcours dense et diversifié.

Âgé de 57 ans, le général aux quatre étoiles a connu un parcours dense et diversifié. (Photo D. B.)

Le général de corps d’armée Alain Giorgis a notamment dirigé le groupement le plus important de France

Il fait partie des dix gendarmes les plus gradés de France (1). Nouveau commandant des écoles de la gendarmerie nationale, le général de corps d’armée (quatre étoiles) Alain Giorgis a pris ses fonctions le 1er septembre et succède à Christophe Métais à l’Hôtel de commandement (ex-hôtel de la Marine).

Né à Nice en 1956, il officie dans la gendarmerie depuis trente-cinq ans et sa sortie de l’école militaire de Saint-Cyr. « Dix ans à l’état-major et vingt-cinq ans à des fonctions de commandement », résume-t-il. Après des débuts dans la gendarmerie mobile à Marmande (Lot-et-Garonne), il commande un escadron de sécurité à Berlin en 1982. Il officie notamment au célèbre checkpoint Charlie, un poste frontière franchissant dans lequel il se souvient « des échanges d’espion ».

“Préoccupations”
Sur les 100 000 gendarmes déployés sur le territoire, 30 000 suivent une formation annuelle, qu’elle soit initiale ou continue, dans les 20 écoles ou centres de formation répartis sur 15 sites. Dont l’école de gendarmerie de Rochefort, qui voit défiler environ 10 000 gendarmes par an. « Tous les gendarmes connaissent Rochefort », assure le général Giorgis qui fait part de ses deux préoccupations : « veiller à ce que l’esprit militaire soit au cœur de la formation », à travers des valeurs à respecter : « la discipline, l’esprit de sacrifice, la disponibilité, l’exemplarité, la rigueur, le sens de l’honneur ». Il souhaite également « mieux faire connaître le commandement des écoles de la gendarmerie dans le Pays rochefortais ».

À noter que l’ancienne préfecture maritime sera ouverte au public le week-end prochain dans le cadre des Journées du patrimoine.

  • Des affaires marquantes

Il devient l’aide de camp de deux ministres de la Défense, André Giraud (1986) et Jean-Pierre Chevènement (1988). Affecté ensuite dans la gendarmerie départementale, il dirige la compagnie de Vichy puis le groupement de l’Isère, le plus important de France avec 800 000 habitants en zone rurale et 1 500 gendarmes. C’est là qu’il fait face à la fin de l’année 1995 à deux faits divers qui avaient défrayé la chronique. La noyade de six enfants et de leur accompagnatrice dans la rivière le Drac et la mort de seize personnes sur le plateau du Vercors dans le deuxième massacre de l’Ordre du temple solaire. Le général Giorgis se rappelle aujourd’hui avoir passé « trois jours sans dormir » et la présence de « 80 journalistes » sur place.

Retour en Île de France ensuite pour commander une unité d’élite, le GSIGN (Groupement de sécurité et d’intervention de la gendarmerie nationale) qui comprenait alors le GIGN dont les hommes effectuent les interventions les plus délicates. Le général Giorgis s’est également attelé à la protection du président de la République.

  • À Saint-Tropez

Départ ensuite à Marseille en 2001 pour diriger la région de gendarmerie. Sur un plan anecdotique, il a été chargé de rouvrir une brigade de gendarmerie à Saint-Tropez, avec défilé sur le Vieux-Port, comme dans le film. « Quand on a fait une reconnaissance, des gens sifflaient l’air de la chanson », sourit-il. Retour à Paris ensuite où il a pris en charge la communication de la gendarmerie sur le plan national. « L’une des périodes les plus difficiles », se souvient-il, en se remémorant les incessantes sollicitations des journalistes.

Nommé à la tête des 4 000 gendarmes mobiles d’Île de France, il a assuré la sécurité du pape Benoît XVI lors de sa visite à Paris en 2008 mais aussi d’un G7 à Deauville et d’un sommet de l’OTAN à Strasbourg. Son avant-dernière affectation l’a mené à Rennes, pour commander la région de gendarmerie et les mobiles de cinq régions. C’est à ce titre que ses hommes sont intervenus à plusieurs reprises sur le site du (futur ?) aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Il envisage aujourd’hui sa fonction comme un « poste de synthèse ».

(1) Il existe deux généraux d’armée (cinq étoiles) : le directeur général de la gendarmerie nationale Denis Favier et l’inspecteur général des armées-gendarmerie Laurent Muller et huit généraux de corps d’armée (quatre étoiles).

Source : Sud-Ouest

 

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