Recherche de cadavre à Gramat : la gendarmerie teste les drones pour localiser les corps enfouis

Le couple vecteur aérien d'investigation et chien de recherche a bien fonctionné. /Photo DDM, J-M.F.

Le couple vecteur aérien d’investigation et chien de recherche a bien fonctionné. /Photo DDM, J-M.F.

Sur le camp de Viroulou à Gramat, les scientifiques de l’Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale, expérimentent, depuis hier, les nouvelles techniques pour la recherche de cadavres enfouis. Un vecteur aérien sorte de drone fait partie des moyens à leur disposition.

Les scientifiques de la gendarmerie ont investi le camp militaire de Viroulou, entre Gramat et Martel pour tester leurs dernières techniques en matière de recherche de corps enfouis. Depuis hier, un étrange insecte, qui tient du scarabée et de l’hélicoptère effectue des vols au-dessus d’une scène de crime reconstituée. L’engin radio télécommandé fait partie du nouvel arsenal des gendarmes pour détecter des cadavres, Le VAIC comme vecteur aérien d’investigation criminelle sorte de drone, a été utilisé en association avec les autres moyens de recherches pour la localisation et l’excavation de corps enfouis dont disposent aujourd’hui les militaires. L’expérimentation qui se prolonge aujourd’hui est pilotée le chef d’escadron Emmanuel Gaudry, chef du département d’entomologie à l’Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale (IRCGN) : «En matière de corps enterré, les gendarmes peuvent compter sur les chiens de recherche et notamment ceux du centre national d’instruction cynophile de Gramat ; sur le géoradar ; quand c’est possible nous avons à notre disposition l’hélicoptère ou le vecteur aérien. C’est l’ensemble des moyens et des techniques existants que nous voulons coordonner dans le cadre de cet exercice».

«Hutch», le springer spaniel de Gramat a fait son job, vif, concentré, retrouvant l’objet enfoui dans la terre en une poignée de minutes, sans s’énerver ni se distraire par la présence de l’insecte mécanique vibrionnant au-dessus de sa tête. Un hélicoptère du détachement aérien d’Égletons est venu participer à l’exercice tandis qu’au sol, les militaires peaufinaient le réglage de leur géoradar. «L’appareil envoie des ondes dans le sol, meuble ou pas, cela nous permet de localiser la présence éventuelle d’une fosse» précise le chef d’escadron Gaudry.

Les experts de la gendarmerie ont encore d’autres innovations qu’ils préfèrent tester discrètement avant de les dévoiler, mais l’attirail qu’ils mettent à la disposition d’une enquête est déjà au top au niveau détection. Il n’est que de prendre le VAIC, capable, en flirtant avec la surface de l’eau, de réaliser des prélèvements qui diront s’il y a ou pas un corps immergé.


Archéologie, datation, anthropologie

Dans les équipes qui composent l’Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale, un grand nombre de spécialités scientifiques sont représentées. Anthropologues, antomologistes tous les savoir-faire sont utilisés sur une scène de crime. «Nous pouvons faire un inventaire de la flore, travailler sur la datation, les insectes, la température, utiliser un détecteur de métaux ou avoir une approche archéologique appliquée à une scène criminologique» indique l’officier de l’IRCGN. L’excavation donne lieu à un décapage du sol couche après couche jusqu’au corps, la fosse est représentée en 3 D.


le chiffre

Le chiffre : 2,5

kilos > le poids du VAIC. Le petit engin radio télécommandé a une autonomie de 20 minutes et peut emporter une charge de 1,5 kg.

Jean-Michel Fabre

Source : La Dépêche.fr

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