Rapport 2018 de la DGSI – Etat des lieux de la pénétration de l’islam fondamentaliste en France.

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L’islam fondamentaliste atteint en France un seuil critique d’influence qui fait désormais peser un véritable danger sur la vie démocratique de la nation.

Le constat
Les réseaux islamistes ont investi un ensemble de champs et d’institutions leur permettant de fabriquer des individus dont la vision du monde est étrangère au lègue de l’héritage politico-culturel français.
La menace que représente cet islam politique est protéiforme et multifactorielle : prolifération terroriste, rupture du contrat social français, rejet profond des valeurs républicaines, aggravation des tensions intercommunautaires, confessionnalisation de la citoyenneté, repli communautaire…
Le risque ultime que font peser les quatre mouvements islamistes les plus actifs – Frères Musulmans, salafistes, tabligh, turcs – est l’avènement d’une contre-société sur le territoire national.
Ce risque se matérialise et s’intensifie alors que près de 53% de français de confession musulmane pratiquent un islam “conservateur” voire “autoritaire” qui confine à une forme de sécessionnisme politique et social pour 28% d’entre eux. Le “marché du croire” devient un oligopole partagé entre les factions islamistes dont l’influence est la plus néfaste, et ce marché se développe selon les codes du monde libéral contemporain, qu’il entend cependant contester.
La puissance des réseaux islamistes et leur prolifération sont la résultante d’une incapacité chronique à analyser leurs stratégies et leurs moyens d’action de manière globale dans des champs aussi névralgiques que l’éducation, le monde de l’entreprise, le contrôle des lieux de culte, internet et les réseaux sociaux, les oeuvres caritatives.
Ceux-ci ne doivent pas être interprétés comme des actions contingentes mais prises dans la cohérence des stratégies de chaque réseau, qui répondent à des fondements idéologiques et théologiques bien souvent oblitérés.
Les mouvances islamistes en France
Les Frères musulmans représentent le mouvement le plus structuré et le plus influent sur le territoire national. La Confrérie dispose d’une assise importante en raison du nombre de lieux de culte qu’elle contrôle par le biais des Musulmans de France, de son quasi-monopole sur la formation des imams, de sa visibilité médiatique et des procédés sophistiqués de guerre de l’information qu’elle met en oeuvre pour attaquer ses ennemis idéologiques.
Le mouvement salafiste, s’il ne dispose pas de structure organisationnelle à l’échelle nationale et qu’il est hétérogène, connaît une croissance exponentielle en France. En effet, sa capacité à utiliser les nouvelles technologies et à se rendre attractif auprès d’une jeunesse musulmane dépourvue de repères collectifs et identitaires fait de lui l’offre religieuse la plus dynamique sur le territoire national. La majorité du mouvement salafiste est quiétiste et prône un retrait social et politique.
Le mouvement Tabligh, acteur majeur de la réislamisation des banlieues dans les années 1970, s’appuie sur une prédication et un prosélytisme de terrain auprès de populations très fragilisées sur le plan socio-économique et culturel. Le coeur de cible du mouvement tabligh repose sur les classes musulmanes populaires rurales ou périurbaines. Ce mouvement est entièrement apolitique mais constitue un réservoir d’individus en rupture totale avec la société.
Le mouvement turc est la quatrième communauté étrangère sur le territoire national. Il est particulièrement influent dans la montée en puissance de l’islamisme en France. Très structuré, entre deux grands courants, le DITIB et le Millîs Görüs, l’Islam turc est réparti sur l’ensemble du territoire, dont une forte concentration dans l’est, ainsi que dans toute l’Europe, lui permettant de bénéficier d’un vaste réseau de financement. Ce mouvement est également largement poussé par le gouvernement autoritaire du président Erdogan, en pleine recherche de puissance, et décidé à conquérir l’occident.
Si les projets des quatre mouvances islamistes ne se rejoignent pas, un pacte tacite de non-agression entre les mouvements semble être de rigueur. Dans des dynamiques différentes, ces mouvements ont pour dénominateur commun la volonté d’opérer un changement profond dans les rapports des français de confession musulmane à la citoyenneté, à la démocratie et au vivre-ensemble.
Les vecteurs d’influence utilisés par les réseaux islamistes évoluent sensiblement. Certains, comme le contrôle des lieux de culte et les organisations représentatives, déclinent sans être négligeables. D’autres vecteurs, comme la guerre informationnelle, médiatique et l’Internet, deviennent absolument primordiaux.
La nécessité d’une prise de conscience collective
Ce constat nous a amenés à réaliser une étude de chacun des grands mouvements islamistes actifs à l’intérieur de notre territoire, en mettant en avant ses caractéristiques principales.

Lire la suite : ( document de 123 pages au format.pdf ) RAPPORT DGSI 2018

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