Que cache le nom de la rue Clair-Égron ?

1f3f02019e0f122d4173ba0bf838b49e-que-cache-le-nom-de-la-rue-clair-egronLe gendarme Clair Égron a été chef de la brigade de Combourg pendant la Seconde Guerre mondiale.Clair Égron, chef de brigade, au premier plan, avec les gendarmes de Conbourg pendant la seconde guerre mondiale. |

 

Chef de brigade de la gendarmerie de Combourg, de 1941 à 1944, Clair Égron a aidé les résistants et protégé les réfractaires au STO.

Les gens d’ici

Clair Égron a été un écolier paysan. Entré en 1931 dans la garde républicaine, il obtient le grade de maréchal des logis-chef. La guerre gronde, et en 1939, il doit rejoindre un régiment d’infanterie.

Clair Égron est fait prisonnier, puis rapatrié dans le cadre des accords entre le gouvernement de Vichy et l’occupant allemand.

« Je dois contourner les lois édictées par Vichy »

Nommé chef de brigade à Combourg en novembre 1941, il commande neuf gendarmes. « Je dois faire respecter la loi, c’est mon devoir. Mais je dois contourner ou ignorer les missions dictées par Vichy qui peuvent nuire à des Français. Je n’ai pas à faire le jeu de la milice et des Allemands. » Il a l’adhésion de tous les gendarmes qui prendront des risques. L’un d’eux le définit comme « un homme secret . Il devient un homme de l’ombre.

Durant les années noires de l’Occupation, il lui faut répondre aux ordres de fournir une liste de juifs, de communistes. Il doit arrêter les réfractaires au Service de travail obligatoire (STO). Il simule des enquêtes, toujours sans succès… Il prévient Louis Lefrançois, secrétaire de mairie à Bonnemain, qu’il est recherché parce qu’il fournit des faux papiers.

Dans un livre Louis Lefrançois parle de « cet admirable gendarme. » En 1943, la répression s’accentue. Il y aura des exécutions, des tortures et des déportations dont celle de Louis Lefrançois.

Clair Egron va éviter une nouvelle affaire d’otages après celle de Cuguen où la population avait été enfermée dans l’église, après l’exécution d’un soldat allemand. À nouveau, des résistants ont tué un soldat allemand lors d’un sabotage de rails de chemin de fer. En prenant beaucoup de risques, Clair Égron réussit à faire passer l’acte en accident.

Le 4 juillet 1944, Combourg est libéré. Pour Clair Égron, l’heure du drame a sonné. Le 4 août, il apprend que deux résistants (dont Henri, son fils aîné) engagés pour l’encerclement de la Varde à Saint-Malo, sautent sur une mine. Il décide d’aller les voir à Sens-de-Bretagne où ils ont été transférés pour être opérés. Son épouse le rejoint.

Lors de leur retour à moto à Combourg, ils sont percutés par une ambulance. Clair Égron décède de ses blessures. Son épouse, restée invalide, élèvera seule ses quatre enfants orphelins.

Il sera distingué avec citation à l’ordre des Corps armés et médaillé militaire avec palme.

 

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