PROJET GENDARMERIE. LA FEUILLE DE ROUTE DU NOUVEAU DIRECTEUR.

Lu pour vous, un communiqué de l’Association Gendarmes et Citoyens (AG&C) qui fait une analyse pertinente de la feuille de route du nouveau DGGN :

AGClasse

Le 12 juin lors de la présentation de la feuille de route du général Favier, le ministre de l’Intérieur s’est félicité de voir ce recentrage sur le service public de sécurité. Il évoque une force tournée vers l’avenir qui sait se remettre en question et n’est pas frileuse face au nécessaire changement. Des mots qui ne veulent pas dire grand-chose sinon qu’il va falloir faire toujours plus avec des moyens contraints. A ce stade on se doute bien que le directeur de la Gendarmerie ne peut faire de miracle et qu’il devra optimiser, toujours et encore, le peu de moyens dont il dispose.

Le général Favier a présenté sa feuille de route qui est destinée à renforcer l’action opérationnelle, la production de sécurité, l’allègement de l’administration et du fonctionnement et la valorisation des personnels et des compétences. Il est clair pour nous que les deux premières doivent être obtenues par les suivants faute de réel augmentation des moyens. C’est la seule façon d’obtenir le nouvel esprit pour une nouvelle gendarmerie que souhaite le DGGN.

Le premier paragraphe qui traite de la mise en œuvre effective de mesures déjà décidées démontre que ces dernières décisions n’ont pas toujours été suivies d’effet. Pour résumer il s’agit d’optimiser les moyens et de s’opposer aux missions indues, d’appliquer les textes existants, de supprimer des papiers inutiles et d’assurer au mieux la gestion des personnels. On doit y parvenir à coups de développements, de suppressions, de simplifications, d’allégements ou de facilitations. Pourquoi ces mesures n’étaient-elles pas encore mises en œuvre ? Peut-être par le fait d’échelons de commandement qui ne peuvent s’empêcher de compliquer les tâches pour se donner une impression d’exister et de commander au lieu d’utiliser les moyens et les idées modernes qui sont à leur disposition.

Le second paragraphe évoque des mesures nouvelles à mettre en œuvre.
Là encore il faudra obtenir l’adhésion des petits chefs, ce qui devrait se faire en utilisant la possibilité de faire remonter les dysfonctionnements par les canaux existants (compte-rendu ou chaîne de participation mais cela peut-il être vraiment fait s’agissant de la volonté local d’un petit chef ? Gare au donneur d’alerte car il n’est pas autorisé à s’exprimer librement, AG&C est disponible).
S’agissant de la sécurité des personnels on évoque l’affectation d’un pistolet à impulsion électrique par brigade, est-ce suffisant ? Faute d’effectifs on espère plus dans la formation des personnels que dans le nombre. Nous n’avons rien vu sur la sécurité directe, patrouilles à trois par exemple et nous nous posons la question de savoir si la politique du « bleu » en tous temps et en tout lieux n’est pas restée d’actualité. Là encore nous voyons que tout repose sur l’optimisation des moyens existants par diverses améliorations, suppressions, simplifications ou automatisations. Y a-t-il d’autres possibilités ? Nous en doutons.
Un sujet nous amène à nous interroger. Il s’agit de l’amélioration des règles d’emploi et les dispositifs techniques de messagerie. Nous n’aimerions pas que l’épisode où nous avons été privés de nos liaisons avec les brigades par un blocage de notre magazine n’ait été qu’une répétition avant une mesure drastique. Peut-être n’est-ce qu’une crainte infondée puisque nous lisons que les groupements départementaux vont pouvoir être présents sur les réseaux sociaux.
Si on peut lire que le dialogue interne doit être conforté par la diffusion d’une circulaire (une de plus) on ne trouve rien sur l’ouverture vers les associations.
Notons tout de même une avancée avec la montée en puissance du dispositif de protection fonctionnelle rénové et une amélioration de la politique globale de prévention des risques psychosociaux.

Le troisième paragraphe concerne les mesures « mises à l’étude ». Là encore il s’agit de faire toujours plus avec les mêmes moyens. Bien entendu c’est les redéploiements qui reviennent en tête avec la suppression des petites brigades ou de certains GC compagnie. On retrouve toujours les mots, simplifications, allègements, limitations, développements, améliorations etc. On y voit cependant tout ce que les gendarmes demandent de longue date avec, peut-être des améliorations grâce à l’informatique. A titre d’exemple les procurations électorales et les transfèrements judiciaires sont des missions qui ont le don de déplaire aux gendarmes depuis des décennies.
Nous trouvons aussi l’évolution du mode de désignation des membres du CFMG (conseil de la fonction militaire gendarmerie) une mesure qui est comme l’Arlésienne, on en parle mais on ne la voit jamais. D’ailleurs, une élection des membres du CFMG ne changerait rien à la représentativité de ses membres et à la crédibilité de cette instance.

En conclusion cette feuille de route est faite de bric et de broc mais nous ne doutons pas un instant de la volonté du directeur de la Gendarmerie et de ses collaborateurs d’arriver à faire fonctionner la Gendarmerie du mieux qu’ils le peuvent et avec les moyens (limités) dont ils disposent. S’ils n’y parviennent pas ils auront le mérite d’avoir essayé.

Source : AG&C

Profession-Gendarme.com met à votre disposition ci-dessous l’original du “Projet Gendarmerie” et ses annexes.

PROJET_GENDARMERIE la feuille de route

LE_PROJET

Mesures déjà decidées

Mesures nouvelles

Mesures mises à l’étude

 

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