POM, POM, POM, POM….

Jean-Dominique Merchet

Jean-Dominique Merchet

Guerre et Paix par Jean-Dominique Merchet

L’une des plus anciennes institutions françaises, la Gendarmerie, dont l’histoire remonte au XIVème siècle, vient de changer de chef.  Son nouveau « directeur» est le général Denis Favier, 53 ans. Un officier exceptionnel, issu de l’une des unités militaires les plus connues au monde, le GIGN. C’est la première fois que la Gendarmerie est commandée par un homme provenant du noyau le plus dur de l’action policière : le contre-terrorisme. Signe des temps ? Sans doute. A la figure franchouillarde et un peu ridicule de Cruchot (Louis de Funès) et des gendarmes de Saint-Tropez, a succédé l’image des hommes en noir (1) surarmés, véritables incarnations du « guerrier moderne ».

La Russie tient une place inattendue dans la nomination de Denis Favier à la tête des 100.000 gendarmes français. Il faut en effet remonter aux deux prises d’otages perpétrées par des Tchétchènes au début des années 2000, et à leurs issues dramatiques. D’abord celle du Théâtre de la Doubrovka à Moscou (23-26 octobre 2002) puis celle de Beslan (1er-3 septembre 2004). Dans le monde entier, les professionnels du contre-terrorisme s’interrogent alors : que serions-nous capable de faire si un tel événement se déroulait dans notre pays ? Le ministère français de l’Intérieur, comme la direction de la Gendarmerie ou celle de la Police, n’échappent pas à ce questionnement et les réponses ne sont pas très rassurantes. Certes, chacun juge les méthodes russes extrêmement brutales, mais personne ne fanfaronne en disant : « Nous, nous saurions faire » ! Les unités de contre-terrorisme, qu’elles relèvent des gendarmes (GIGN), des policiers (RAID), voire des armées (COS) n’apparaissent pas alors dimensionnées et organisées pour faire face à une POM, une prise d’otages massive – selon l’acronyme désormais en usage.

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