Perpignan: sept points de suture et huit jours d’ITT pour un policier agressé par un jeune récidiviste

C’est sur cette avenue Victor-Dalbiez qu’un policier a été agressé et blessé par un mineur.
C’est sur cette avenue Victor-Dalbiez qu’un policier a été agressé et blessé par un mineur. PHOTO/Photo M. C.
Soupçonné de vente de tabac de contrebande, le mineur était interpellé pour la seconde fois en un mois.

L’année commence mal pour les policiers. Après les agressions de Champigny-sur-Marne, de Saint-Dié, d’Aulnay-sous-Bois puis d’Argenteuil qui ont fait sept blessés, Perpignan est à son tour sous le choc. Vendredi, un brigadier est en effet tombé sous les coups d’un jeune suspect. Victime d’une plaie ouverte au visage et de multiples contusions notamment aux cervicales et aux jambes, il a dû être hospitalisé, subir des points de suture et une interruption temporaire de travail de huit jours.

  • Déjà interpellé fin décembre

L’affaire remonte ainsi à vendredi. Il est environ 15 h 30, lorsqu’une patrouille du commissariat central repère sur l’avenue Victor-Dalbiez, un individu défavorablement connu de ses services et d’ailleurs habitué à prendre la fuite à la moindre vue d’un uniforme.

Âgé de 17 ans, l’intéressé y est déjà parvenu à deux reprises en décembre denier, lorsqu’il est enfin interpellé dans ce même secteur le 27 du mois. Il vient encore de tenter d’échapper à un contrôle en escaladant le toit d’un immeuble. En vain.

Au terme de la course-poursuite, il est donc appréhendé et trouvé en possession d’un sac rempli de quatre-vingt-neuf paquets de cigarettes soupçonnées d’être des produits de contrebande.

Placé en garde à vue, il est interrogé puis remis en liberté après avoir reçu sa convocation à comparaître le 20 mars prochain devant le juge des enfants pour répondre de vente au détail de tabac de contrebande.

  • Porteur de cigarettes de contrebande

D’évidence, l’audience ne lui fait pas peur. Dix jours plus tard, le 5 janvier, un nouvel équipage de police de la brigade spécialisée de terrain (BST) l’aperçoit toujours sur l’avenue Dalbiez mais cette fois au volant d’une voiture stationnée sur la chaussée.

Trois policiers s’approchent pour vérifier son identité. Or le mineur, qui dit avoir trouvé les clés du véhicule par terre, surgit de l’habitacle et assène un violent coup de genou à l’un des brigadiers qu’il atteint en plein visage et projette lourdement au sol. Ses deux collègues interviennent, réussissent à le maîtriser et lui passent les menottes.

Dans la voiture et sur l’agresseur, dissimulés dans la doublure de sa veste, les brigadiers découvrent plus d’une cinquantaine de paquets neufs de cigarettes. Direction le commissariat central de l’avenue de Grande-Bretagne où le rebelle se retrouve à nouveau en garde à vue pour être longuement entendu. Dimanche, il a été relâché en attente d’être jugé ultérieurement.

  • Le ras-le-bol des policiers

« Dans ce contexte d’extrêmes violences, il apparaît obligatoire de revoir le dispositif pénal contre les auteurs d’agressions physiques et verbales commises à l’encontre des forces de l’ordre », dénonce aussitôt Alliance Police Nationale 66, en réclamant « une réponse à de tels faits dissuasive et non aménageable et une profonde évolution de la justice des mineurs ».

Si pour le syndicat, la délinquance des jeunes n’est pas un phénomène nouveau, son effet de masse et sa montée en violence deviennent franchement préoccupants. « Les dispositifs actuels semblent avoir atteint leurs limites et confortent paradoxalement les délinquants dans un sentiment certain d’impunité », accuse Alliance PN66.

Pour Perpignan, le syndicat demande en prime l’octroi de moyens matériels et humains supplémentaires « afin d’augmenter la sécurité de nos collègues comme leur capacité d’intervention et de mobilité ». À cet effet, relève-t-il également « il faut moderniser et sécuriser les véhicules administratifs qui ne sont plus adaptés ».

Alliance PN66 tire la sonnette d’alarme.

Source : L’Indépendant

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