Partir sans payer la note : à Brest, plusieurs restaurants déplorent des actes de grivèlerie ou « resto basket »
Le 1er août 2026 à 06h00
Des restaurants du centre-ville de Brest et de la marina du Château assurent avoir été victimes d’actes de grivèlerie, où un client part sans payer sa note. L’Umih, le syndicat du secteur, appelle à porter plainte à chaque fois.

Samuel Germain dit avoir été victime de grivèlerie par un client qui déjeunait et dînait chaque jour dans son établissement, depuis plus de deux mois. (Le Télégramme/Frédéric Jacq)
Attablé en terrasse, à l’approche du coup de feu du midi, ce vendredi 31 juillet 2026, Samuel Germain contient une colère froide. Le restaurateur brestois raconte avoir été victime d’un acte de grivèlerie, un client qui part sans régler sa note. L’homme en question, connaissance ressurgie d’un passé lointain, est venu déjeuner et dîner dans son établissement « Paul Germain », rue Boussingault. « Pendant deux mois et demi, du lundi au dimanche. Il me payait régulièrement, jusqu’au 22 juillet dernier », déplore-t-il. Ce jour-là, le dernier règlement, d’un montant d’un peu plus de 400 €, ne vient pas. L’histoire, rocambolesque, s’est terminée au commissariat de police : l’homme lui a signé une reconnaissance de dette à honorer avant le 5 août, sous peine de poursuite. Le délit de grivèlerie ou filouterie, s’il est confirmé dans ce cas, peut conduire à six mois de prison et 7 500 € d’amende.
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Plusieurs commerçants du secteur, hôteliers, restaurateurs, cafetiers, disent avoir eu affaire au même individu, parfois pour des montants supérieurs à 1 000 €. « Il est plutôt sympathique d’aspect et inspire confiance », assure Béatrice Francout, gérante du restaurant « Au P’ty lyonnais ». Elle en sera quitte pour une perte de 50 €, pour un repas pour deux. « Il m’a dit qu’il reviendrait régler sa note, donc je n’ai pas porté plainte. Mais il ne l’a jamais fait », s’indigne la commerçante. « C’est la première fois que ça m’arrive, alors que je suis installé dans le quartier depuis 23 ans », souffle-t-elle.
Un ultimatum sur les réseaux sociaux
Autres actes, et surtout, autre manière de régler le problème : toujours à Brest, un restaurant de la marina du Château a acquis, tout récemment, une notoriété fulgurante. Il a posté, sur ses réseaux sociaux, la photo floutée d’un couple soupçonné d’un « resto basket ». Les gérants de « Bamboche » ont lancé, le 19 juillet dernier « un appel à l’honnêteté », en invitant les deux clients « à repasser rapidement au restaurant pour régulariser la situation de manière amiable ». Un ultimatum de trois jours leur a été donné, avec comme sanction finale, la transmission des images vidéo et de diverses autres informations à la police, accompagnée d’un « dépôt de plainte pour grivèlerie ». Après 24 000 réactions et 5 000 partages sur les réseaux sociaux, la publication a fait son effet, quatre jours plus tard. « L’affaire est régularisée et le dossier est clos », a indiqué l’équipe de l’établissement. La note a été payée, mais en supportant la rançon des réseaux sociaux. Son lot « de petits malins » se sont fait passer pour le couple, par téléphone, ainsi que de « certains haters », expliquent les restaurateurs. Des malveillances noyées, cependant, dans « des milliers de messages de soutien ».
« Le code pénal punit sévèrement les auteurs »
En vieux routier de la restauration, Hubert Jan, patron du syndicat Umih (Union des métiers et des industries de l’hôtellerie) dans le Finistère, martèle que « les restos baskets ont toujours existé, ils sont aussi vieux que la voyoucratie ! ». Lui-même a été victime, dans sa carrière longue de plus de 30 ans, de « quatre à cinq faits de ce genre, par des personnes qui avaient déjà commis des bêtises ailleurs », témoigne-t-il. Il conseille d’aller « porter plainte plutôt que d’utiliser les réseaux sociaux, il ne faut pas que ça devienne une mode. Le code pénal nous protège et punit sévèrement les auteurs, avec de la prison ».
Source : Le Télégramme
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