Niort : les honneurs militaires pour le gendarme mort en Deux-Sèvres

Un hommage militaire a été rendu, ce jeudi 8 février, à l’adjudant-chef Pierre-Philippe Lawpois, motocycliste de la brigade motorisée de Melle, qui s’est tué en service dans un accident de la circulation à Mougon-Thorigné le samedi 3 février.
© Photo NR, Jean-André Boutier

Mort en service le samedi 3 février dans un accident de la route à Mougon-Thorigné, l’adjudant-chef Pierre-Philippe Lawpois s’est vu remettre deux médailles à titre posthume lors d’une cérémonie d’honneurs militaires ce jeudi 8 février à Niort.

Ce jeudi 8 février à la caserne de la gendarmerie de Niort, une cérémonie d’honneurs militaires s’est tenue pour rendre hommage à l’adjudant-chef Pierre-Philippe Lawpois, officier de police judiciaire et motocyliste à la brigade motorisée de Melle, décédé en service le samedi 3 février à Mougon-Thorigné.

Ce jour-là un peu après 11 h, au guidon de son deux-roues alors qu’il était en service, le gendarme de 47 ans, également passé par Lusignan (Vienne), avait percuté un camion-citerne sur la route départementale 948, entre Melle et Niort, qui circulait en sens inverse.

A vous tous, ses camarades et ses amis, qui venez de perdre ce frère d’armes, je veux redire que la gendarmerie n’oublie pas les siens.

Le général de division Jean-Pierre Michel, commandant la région de gendarmerie de la Nouvelle-Aquitaine

« La gendarmerie est endeuillée, car elle a perdu l’un des siens, a dit le général de division Jean-Pierre Michel, commandant la région de gendarmerie de la Nouvelle-Aquitaine. La gendarmerie des Deux-Sèvrrs est touchée au cœur : l’adjudant Pierre-Philippe Lawpois était son serviteur, lui qui a consacré 21 années de service à ce territoire qu’il connaissait parfaitement et qui était le territoire de son cœur. Ce territoire qu’il s’était choisi. Ce territoire où il avait fondé sa famille. C’est un camarade, notre camarade, qui a disparu, un ami, un frère d’armes, que ce soit sur les routes, à la brigade, dans les moments de service ou dans le privé lorsque, comme disent les motards, le casque est posé. »

Agé de 47 ans, l’adjudant-chef Pierre-Philippe Lawpois, dit Pierre Lawpois, était marié et père de trois filles.
© Photo NR, Jean-André Boutier

Le général de division Jean-Pierre Michel s’est directement adressé à la famille du défunt : « Rien ne saurait apaiser votre chagrin. J’en ai bien conscience. Mais au-delà de la douleur qui ne disparaîtra pas, je veux donc vous dire très simplement : soyez fiers de ce qu’il a été. Soyez fiers de la vie qu’il a menée et des choix qu’il a faits. Soyez fiers d’une carrière de dévouement au service de la France et de ses concitoyens, une carrière dédiée à la sécurité de ses semblables, une carrière admirable pour nous tous, gendarmes. »

L’éloge funèbre s’est poursuivi ainsi :  « Il aura démontré de belles qualités d’homme et des qualités de grand professionnel. Calme, déterminé, loyal, il a acquis au cours de sa carrière une grande expérience du commandement, de la police judiciaire, et qu’il savait mettre à profit de son unité et des plus jeunes. Il savait enfin, comme tout gendarme passionné par son métier, comme tout motocycliste passionné par sa technicité, partager cette flamme et ce sens du service. »

Le patron des gendarmes de la Nouvelle-Aquitaine a eu quelques mots, également, pour deux autres militaires :  « Je pense au gendarme Gadeau qui était en patrouille avec lui – l’adjudant-chef Pierre-Philippe Lawpois – ce 3 février et qui s’est précipité auprès de lui aussitôt après le drame. (…) Je veux avoir ici, avec vous, en cet instant, une autre pensée : une pensée pour un autre camarade, pour un autre frère d’armes, l’adjudant David Lannes, tombé en service, non loin d’ici, en Gironde, alors que lui aussi oeuvrait pour plus de sécurité sur nos routes. Ces drames nous rappellent que chaque mission, même la plus anodine en apparence, comporte son lot de risques. »

L’adjudant David Lannes a été percuté lors d’un contrôle routier, le dimanche 4 février, soit au lendemain du décès du gendarme mellois, par un adolescent au guidon d’une moto-cross trafiquée : c’était sur un chemin départemental, au sud de Bordeaux. Le militaire, 46 ans et père de trois enfants lui aussi, est décédé le lendemain des suites de ses blessures. Un hommage solennel lui sera rendu le vendredi 9 février.

L’année passée, huit gendarmes sont morts en service

Le suspect de 15 ans a été mis en examen le mardi 6 février pour « homicide involontaire aggravé par un manquement délibéré à une obligation de sécurité ou de prudence, de refus d’obtempérer et de refus d’obtempérer aggravé » : des délits passibles d’une peine de sept années d’emprisonnement. Il avait ensuite été placé sous contrôle judiciaire.

En 2017, huit militaires de la gendarmerie sont morts dans l’exercice de leurs missions, selon des chiffres communiqués par le ministère de l’Intérieur. 

De dos, les membres de la famille de l’adjudant-chef Pierre-Philippe Lawpois : ils étaient plusieurs dizaines – 57 étaient annoncés – à suivre la cérémonie militaire.
© Photo NR, Jean-André Boutier

Une carrière marquée par six médailles

Déjà décoré à quatre reprises par le passé, l’adjudant-chef Pierre-Philippe Lawpois, qu’on appelait Pierre, s’est donc vu remettre deux médailles à titre posthume, militaire et d’or de la Défense nationale avec palme de bronze.

Voici son parcours :

  • 1990 : après sa formation au centre d’instruction des gendarmes auxiliaires d’Auxerre, dans l’Yonne, il est envoyé dans le Jura, plus précisément au peloton de gendarmerie de montagne des Rousses.
  • 1991 : il entre à l’école de sous-officiers de la gendarmerie (ESOG) de Chaumont, en Haute-Marne.
  • 1991 : à l’issue de sa formation, il est affecté à la brigade territoriale de Bressuire. Pendant ses onze années de présence au sein de cette unité, il réussira, en 1998, l’examen d’officier de police judiciaire, ce qui lui vaudra d’être promu maréchal des logis-chef le 1er août 2002.
  • 2002 : nouvellement breveté, il intègre, pour la première fois, les rangs de la brigade motorisée (BMO) de Melle. Il commandera l’unité trois années durant, gagnant son galon d’adjudant.
  • 2012 : après neuf mois d’interruption de service pour des raisons personnelles, il reprend son activité comme commandant de peloton adjoint au peloton motorisé de Lusignan, dans la Vienne.
  • Mars 2017 : il fait son retour, pour se rapprocher de sa famille, à la BMO de Melle.

Les obsèques civiles de ce père de trois filles, âgées de 12, 15 et 17 ans, ont été célébrées à 15 h ce même jeudi 8 février en l’église Saint-Hilaire de Melle.

La carrière du gendarme mellois aura finalement été marquée par six médailles, plus quatre lettres de félicitations signées par sa hiérarchie.

Source : La Nouvelle République

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