Négociateur, le gendarme des situations de crise

Dans la région, la gendarmerie compte onze négociateurs. Ils interviennent  sur des situations tendues : prise d'otage, forcené retranché,  suicidaire...

À L’Aigle et Saint-Pierre-sur-Dives en Normandie, deux hommes désespérés se sont retranchés à leur domicile ces derniers jours. La gendarmerie a fait appel à ses négociateurs régionaux pour débloquer ces situations. Entretien avec un négociateur régional de la gendarmerie.

Négociateur régional de la gendarmerie, ça ressemble au super-flic de la télé ?

Non, le négociateur est quelqu’un de normal ! C’est un gendarme lambda, qui a une corde de plus à son arc. Notre métier, c’est de rétablir le dialogue et d’amener vers la sortie de crise. Jusqu’ici, à chaque fois ça s’est plutôt bien terminé. Le dispositif prévoit trois niveaux d’intervention : le négociateur régional, le négociateur de crise du GIGN (le Groupe d’intervention de la gendarmerie nationale), et le négociateur expert. Chaque engagement se fait en liaison avec la cellule nationale de négociation, installée à Versailles. En Basse-Normandie, nous sommes onze.

Comment êtes-vous devenu négociateur régional ?

J’ai répondu à un appel à candidature dans la gendarmerie parce que j’ai toujours aimé le contact. J’avais envie d’avoir les outils pour tenter de désamorcer des situations critiques. C’est mon leitmotiv : cultiver un esprit d’écoute et de dialogue. J’ai été sélectionné et formé en 2007 par le GIGN, avec des intervenants, notamment des psychiatres, qui nous forment à la communication et à l’écoute. Nous travaillons aussi sur des cas concrets. Et bénéficions de formation continue.

Sur quels types d’interventions êtes-vous appelés ?

Nous sommes appelés quand une situation est dégradée, qu’une personne s’est retranchée et que les personnes sur place n’arrivent pas à établir le contact : suicidaire, forcené, personne retranchée, avec ou sans otage.

Quels sont vos outils de négociation ?

Le travail commence en amont. En arrivant, on essaie d’en apprendre le plus possible sur la personne. Le négociateur devient ensuite son interlocuteur privilégié. Le contact se fait à la voix ou par téléphone. L’objectif est d’amener la personne vers une solution qui permettra une sortie pacifique de la crise, nous utilisons tous les leviers de la communication.

Avez-vous de la monnaie d’échange pour négocier ? Pouvez-vous faire intervenir des proches du forcené ?

Non. Mais on peut rencontrer des proches qui vont pouvoir nous aiguiller, nous aider.

De toutes les interventions auxquelles vous avez participé, laquelle vous a le plus marqué ?

Une personne armée, suicidaire, qui espérait qu’on intervienne et qu’on lui tire dessus.

Stéphanie SÉJOURNÉ-DUROY

Source : Jactive.ouest-france.fr

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