Nancy : maman, chauffeur… et gendarme

Estelle Pierron est une jolie jeune femme qui voit la vie en bleu

Estelle Perron est devenue réserviste ce dimanche. Photo D.R.

Estelle Perron est devenue réserviste ce dimanche. Photo D.R.

Cela ressemble presque à un bizutage. Il est interdit de bouger. Quoi qu’il arrive. Pas évident. Surtout lorsque l’on est en chemisette d’été alors que la météo s’est mise à l’heure d’hiver. Mais il ne faut pas faiblir. Il faut rester comme une statue et résister à tout. Au temps qui ne passe pas assez vite, aux rafales de vent glacé, au crachin qui donne la chair de poule.

Pas de quoi toutefois décourager d’Estelle Pierron. Comme soixante-quatorze autres gendarmes réservistes, cette jeune femme de 28 ans des environs de Pont-à-Mousson est restée stoïquement au garde à vous, ce dimanche, sur la place Carnot à Nancy. Pour les besoins d’une cérémonie destinée à célébrer en grande pompe la fin de leur préparation militaire.

Après une quinzaine de jours de formation, ses camarades de promotion et elle peuvent maintenant porter l’uniforme de gendarme. Un rêve éveillé pour Estelle Pierron. « Moi, je le trouve beau cet uniforme. Il m’a toujours plu », sourit cette jolie blonde que l’on imagine toutefois dans des tenues plus féminines. Mais il ne faut pas se fier aux apparences, ni aux clichés. La maréchaussée façon macho, c’est terminé. Les femmes sont de plus en plus nombreuses.

L’âme d’une héroïne

« J’ai envie d’aider les autres… de sauver des gens en détresse. Il y a un petit côté héroïne qui me plaît », confie Estelle Pierron qui n’a pourtant pas abusé des séries comme Julie Lescaut ou « Une femme d’honneur ». Sa vocation vient de loin et n’est pas télévisuelle. Plus une question de tempérament : « Je me vois bien faire respecter l’ordre et mettre le holà ».

A la sortie d’un BEP vente, elle a songé une première fois à s’engager dans la gendarmerie. La vie en a décidé autrement : « Je suis allée chercher un dossier mais je l’ai finalement jamais envoyé. A ce moment-là, j’ai rencontré quelqu’un puis j’ai eu des enfants ».

La jeune mère de famille se dirige vers un autre métier : chauffeur. « J’adore conduire. J’aurais aimé être routier pour voyager. Cela ne s’est pas fait. Je prépare et je livre des commandes de médicaments ».

Entre le boulot et l’éducation de sa fille de 6 ans et de son petit garçon de 2 ans, elle n’a pas forcément beaucoup de temps. Elle a néanmoins décidé d’en consacrer une partie à la gendarmerie. « Ma meilleure amie vit avec un gendarme de la brigade de Nomeny et ils m’ont reboosté pour m’inscrire dans la réserve », raconte Estelle Pierron.

Elle a franchi le pas. Elle est aujourd’hui réserviste. Dès les prochains jours, elle va être amenée à patrouiller de temps en temps sur la voie publique. « J’appréhende… Mais en parlant à la fois gentiment et fermement aux gens, cela devrait aller », confie la jeune femme qui refuse d’être appelée gendarmette. « Il faut laisser ça à Louis de Funes », rigole la gendarme.

Christophe GOBIN

Source : L’Est Républicain

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