Morbihan. Ces gendarmes qui font parler les scènes de crime

Au groupement de gendarmerie du Morbihan, ils sont cinq a exercé ce métier. Deux femmes et trois hommes dont l’adjudant-chef Yannick Phélippé, à la tête de la cellule depuis 2011.

Au groupement de gendarmerie du Morbihan, ils sont cinq a exercé ce métier. Deux femmes et trois hommes dont l’adjudant-chef Yannick Phélippé, à la tête de la cellule depuis 2011. | Maël FABRE

Cinq gendarmes travaillent à la cellule d’identification criminelle du Morbihan. Depuis quelques mois, ils sont particulièrement sollicités. Ils nous racontent leur travail, loin des séries américaines.

Reportage

Lundi 14 août, 22 h, dans le centre historique de Pontivy.Une drôle de scène attire l’œil des passants. Une immense bâche blanche cache la rue avec une rubalise « Gendarmerie nationale ». S’agit-il du tournage d’une série Les Experts ? Non, pas vraiment et pourtant ça en a tout l’air.

Vous êtes en réalité sur une dramatique scène de crime entièrement gelée par les techniciens en identification criminelle de la gendarmerie du Morbihan. Un meurtre vient d’avoir lieu. Les hommes de l’ombre, en combinaison blanche, passent à l’action.

Actes techniques de laboratoire

Appareil photo en main pour figer la scène, cavaliers, sortes de petits plots matérialisant l’emplacement de chaque indice, déposés au sol et valise crime-line contenant une série de lampes pour révéler des traces invisibles à la lumière naturelle, les techniciens passent au crible les lieux.

Leur rôle ? Avec leur matériel, ils vont prendre en charge la scène et réaliser de nombreux actes techniques de laboratoire. Ils sont intervenus à Pontivy sur la demande des gendarmes de la compagnie arrivés les premiers sur les lieux.

Au groupement de gendarmerie du Morbihan, ils sont cinq a exercé ce métier. Deux femmes et trois hommes dont l’adjudant-chef Yannick Phélippé, à la tête de la cellule depuis 2011.

« En huit mois, nous avons eu à traiter huit meurtres dans le Morbihan. Un par mois, ça devient beaucoup », constate Yannick Phélippé. Une situation particulière et qui demande une disponibilité maximale. « Les gens pensent que le plus gros de notre travail se fait sur le terrain. Mais l’analyse de certains scellés et la rédaction de nos rapports demandent un temps important », poursuit l’adjudant-chef.

Experts en rien, spécialistes en tout

Sur une scène de crime, le technicien en identification criminelle va être capable de révéler les traces de sang effacées, de dresser des portraits-robots, de reconstituer des numéros de série altérés sur des véhicules ou encore de dire exactement où se situait le tireur lorsqu’il a tué sa victime.

Formés durant près de neuf semaines dans un centre, les gendarmes de cette cellule un peu particulière sont en réalité experts en rien mais surtout spécialistes en tout.Ils doivent être capables d’intervenir, dans la même journée, sur une découverte de cadavre, sur un homicide, un viol, sur une affaire exceptionnelle de cambriolages en série, etc.

Et pour les épauler dans leur travail, il existe les techniciens en identification criminelle de proximité.« Ils interviennent au premier niveau de la délinquance de masse, c’est-à-dire qu’ils peuvent relever des empreintes sur un véhicule volé ou après un cambriolage dans une maison », détaille l’adjudant-chef Yannick Phélippé. Enfin, lorsqu’un corps se trouve dans l’eau, ce sont les techniciens subaquatiques qui interviennent.

En France, ils sont six cents à appartenir à cette cellule. Six cents hommes et femmes qui ont tous un cœur et des sentiments. Côtoyer l’atrocité, voir l’impensable et imaginer l’inconcevable est pourtant leur quotidien.Mais tous les techniciens vous le diront : « Nous devons réaliser des actes techniques sur une scène de crime. Nous sommes au travail et en se cachant derrière un protocole bien spécifique, nous faisons la part des choses. Le plus important est de parler, parler, parler. »

Plus d’informations sur le métier de technicien en identification criminelle sur www.lagendarmerierecrute.fr

Source : Ouest France

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