Meurtre d’Alexia Daval : « un scénario réfléchi », assure la famille de la victime

7591665_4a6559b2-2071-11e8-b04e-5d8fb6547543-1_1000x625La famille d’Alexia Daval témoigne auprès de BFMTV avec de gauche à droite : Grégory Gay (le beau-frère d’Alexia), Stéphanie (sa sœur), Isabelle (sa mère) et Jean-Pierre (son père). Capture d’écran BFMTV

Quelques jours après une première longue interview au quotidien régional L’Est Républicain, les parents d’Alexia Daval, assassinée dans la nuit du 27 au 28 octobre à Gray-la-Ville (Haute-Saône), témoignent de nouveau sur BFMTV.

La bataille médiatique et judiciaire se poursuit, un mois après les aveux de Jonathann Daval, le mari d’Alexia Daval, assassinée dans la nuit du 27 au 28 octobre à Gray-la-Ville (Haute-Saône). La famille de la jeune femme a décidé d’évoquer ce lundi le drame dans une interview filmée accordée à Ruth Elkrief sur BFM TV.

Après leur entretien à L’Est Républicain jeudi, les parents d’Alexia Daval, accompagnés de leur autre fille, Stéphanie, et de son mari, Grégory Gay, expriment leur désarroi face caméra. Ils accusent le coup après les déclarations de Jonathann Daval, celui qui était considéré « comme un fils » selon Isabelle Fouillot, la mère d’Alexia.

« On lui a toujours fait confiance »

« On a essayé de le protéger encore plus qu’avant. On a jamais douté. On était hors des rumeurs. On lui a toujours fait confiance », témoignent les proches d’Alexia. Pour eux, les aveux de Jonathann Daval ont été comme « un deuxième coup de bâton ». « C’est l’inimaginable qui arrive une deuxième fois », ajoute Jean-Pierre Fouillot, qui le vit comme « une trahison ».

La famille veut aussi livrer son portrait d’Alexia. « Elle avait une personnalité comme toutes les jeunes filles d’aujourd’hui. Elle était ouverte, elle savait ce qu’elle voulait, ou elle allait, elle savait mener sa barque. », commence Isabelle Fouillot. « On aurait vu Jonathann en détresse si elle avait eu une personnalité écrasante. On l’a toujours vu aux petits soins avec Alexia », ajoute Grégory Gay.

« Jamais on a entendu un cri, une dispute », assure Isabelle Fouillot qui rappelle que le couple a vécu un an dans la maison des parents d’Alexia.

Selon Stéphanie Gay, Alexia voulait un enfant. « Elle était en train de faire ce qu’il fallait, de commencer un parcours. Bien sûr que ça a dû provoquer des angoisses chez elle […] La peur de l’échec, c’est quelque chose de normal », estime la soeur d’Alexia. « On n’a jamais vu Alexia violente », ajoute Isabelle Fouillot.

Jonathann Daval a reconnu avoir tué son épouse Alexia lors d’une dispute conjugale, dans la nuit du 27 au 28 octobre, au domicile du couple à Gray-la-Ville (Haute-Saône). Il a affirmé en garde à vue qu’il ne « voulait pas » la tuer, mais qu’ils en étaient venus aux mains et qu’il avait étranglé Alexia en tentant de la « maîtriser ».

 

Après avoir dissimulé le corps dans un bois, sous des branchages, le meurtrier présumé s’est rendu au domicile des parents de sa femme « en pleurs ». « Il est arrivé en disant que quelque chose était arrivé à Alexia, qui était partie depuis 9 heures, 9 h 15 », se rappelle Isabelle Fouillot. « Je lui ai dit que ce n’était pas possible, qu’elle avait dû rencontrer quelqu’un en chemin […], moi je m’attendais à ce qu’elle arrive. Mais lui était déjà en pleurs », a confié la mère d’Alexia.

Grégory Gay part à la recherche d’Alexia avec Jonathann

Ce matin-là, Grégory Gay fait monter Jonathann dans sa voiture pour partir à la recherche de sa femme. « On a commencé à tourner un peu là où elle aurait dû courir, à regarder dans les fossés si on trouvait quelque chose », témoigne Grégory Gay.

Ils finissent finalement par rentrer au domicile de Jonathann Daval, où ce dernier fait comme s’il tentait de téléphoner à Alexia.

« On s’est bien fait manipuler »

« Je l’ai entendu appeler Alexia, il est redescendu en pleurant, sa mère et son frère sont arrivés au même moment », précise le beau-frère. « Je lui ai dit écoute, on va aux urgences, je l’emmène aux urgences, personne. Et puis, je lui dis maintenant on va à la gendarmerie, c’est pour cela qu’on arrive à 12 heures à la gendarmerie », détaille encore Grégory Gay.

« On s’est bien fait manipuler, il s’était fait un scénario », poursuit Isabelle Fouillot. « Il y a réfléchi à ce scénario en tout cas, la manipulation est allée très loin, ça a été structuré et on n’a pas l’impression que c’est du vite fait, il y a réfléchi », renchérit Stéphanie Gay.

 

Selon les résultats de l’autopsie, la jeune femme de 29 ans a été violemment frappée et étranglée à mains nues. « La mort a été donnée volontairement et non pas accidentellement », avait ainsi affirmé la procureure de Besançon, Edwige Roux-Morizot.

La famille d’Alexia « veut la vérité » désormais. « Les aveux de Jonathann sont incomplets, ça colle partiellement à la réalité des choses, on veut continuer d’avancer pour avoir toutes les réponses. » Pour eux, des interrogations demeurent : « A-t-il pu faire ça tout seul ? », « Y avait-il réfléchi avant ». « Quelques heures avant, il faisait sa petite tournée (à Gray) pour qu’on le voie en ville dans un calme absolu », se souvient Grégory Gay. «Il a vu Jean-Pierre au bar […], il était détendu avant d’arriver en pleurs chez Isabelle. C’est déconcertant », ajoute-il, se demandant « depuis quand il préparait ça ? » Isabelle Fouille questionne encore : « Comment peut-on brûler quelqu’un qu’on aime ? »

Source : le Parisien

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