Melun “Aujourd’hui, toutes les femmes ont leur place dans la gendarmerie”

Elle a été la première gendarme à être nommée générale. Isabelle Guion de Méritens a pris ses fonctions au commandement de l’EOGN, le 1er août dernier. Une nouvelle responsabilité pour cette quinquagénaire qui compte bien rester attentive à l’intégration des femmes en gendarmerie. Interview.

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La République de Seine-et-Marne : Vous étiez entrée à l’EOGN en tant qu’élève en 1987. Aujourd’hui, vous la dirigez. Qu’avez-vous ressenti à votre retour dans les couloirs de l’école ?

Isabelle Guion de Méritens : Il y a toujours une émotion à se dire que j’ai été élève ici. Je retrouve une école qui a changé dans son ambition de formation et qui s’est rénovée dans ses infrastructures. J’ai aujourd’hui une vision différente de l’enseignement car j’ai derrière moi un parcours professionnel.

Quels sont vos projets pour l’école ?

L’EOGN va évoluer avec la création d’un MBA sur le management de la sécurité. Cette formation est accessible aux internes mais également aux auditeurs extérieurs qui souhaitent parfaire leur formation dans le monde de la sécurité. Nous souhaiterions apporter à ce MBA un rayonnement international par la suite. Deuxième projet majeur : la poursuite de la rénovation de nos infrastructures. Un projet d’envergure car les financements sont difficiles à trouver, le budget de l’État étant restreint. Nous prévoyons également l’individualisation de la formation avec le développement d’outils numériques. Une plateforme sera mise en ligne d’ici la fin de l’année afin de permettre une formation à distance, en relation avec les universités parisiennes.

Vous êtes la première femme générale de gendarmerie et la première à diriger l’EOGN.

Je suis très heureuse d’avoir été choisie. C’est une belle responsabilité au moment où l’école est en plein développement sur des formations de haut niveau. J’espère ne pas avoir été choisie en tant que femme mais sur mes compétences en tant que chef militaire. C’est aussi une évolution logique. Quand je suis entrée dans cette école, j’étais déjà le premier officier femme entrant en gendarmerie à l’époque.

Le fait d’être une femme va-t-il modifier la façon de manager l’école ?

Chaque commandant d’école apporte sa vision de la formation, qu’il soit un homme ou une femme. Le fait d’être une femme m’amènera à être attentive à leur facilité d’intégration parce qu’elles sont encore en minorité. Il n’y a que 15 % de femmes au sein de la gendarmerie. Plus on monte en grade, moins elles sont nombreuses. Six pour cent accèdent au grade d’officier. Il faut dire que l’ouverture aux femmes est assez récente. Mais aujourd’hui, il n’y a plus aucune subdivision fermée aux femmes. Depuis 2002, les jeunes femmes se présentent en grand nombre au concours des officiers et trouvent toutes leur place dans la gendarmerie.

Source : La République

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