Manifestant éborgné par une grenade en 2016: un CRS renvoyé aux assises

Un CRS est renvoyé aux assises pour le “lancer injustifié” d’une grenade ayant provoqué la perte d’un œil d’un manifestant, lors d’une manifestation contre la loi Travail en septembre 2016.

Un CRS est renvoyé aux assises pour le “lancer injustifié” d’une grenade de désencerclement, dont l’explosion a causé la perte d’un œil d’un manifestant lors d’une manifestation contre la loi Travail en septembre 2016, a appris BFMTV, confirmant une information de l’AFP.

Le policier de 50 ans sera jugé pour “violences volontaires ayant entraîné une mutilation ou une infirmité permanente” sur Laurent Theron, un militant syndical SUD de 48 ans “définitivement aveugle de l’oeil droit”, selon l’ordonnance des juges d’instruction consultée par l’AFP. L’avocat du CRS a annoncé vouloir faire appel de cette décision.

Dans un communiqué, Yves Lefebvre, secrétaire général du syndicat unité SGP Police a dénoncé cette décision: “Alors que les policiers doivent faire face à des agressions de plus en plus violentes tant en maintien et rétablissement de l’ordre que dans leurs missions quotidiennes, comment ces juges peuvent ils prendre une telle décision ? Que connaissent ils du métier de policier et ce que ces derniers vivent au quotidien ? Cette décision ne pourra que raviver le feu qui brûlait déjà entre le ministère de la Justice et celui de l’Intérieur.” Le syndicat a saisi la Garde des sceaux et le ministre de l’Intérieur.

Mis en examen en 2017

Le brigadier-chef, qui avait été mis en examen en janvier 2017, est accusé d’avoir lancé une grenade de désencerclement (GMD) “hors de tout cadre légal et réglementaire”, concluent les juges. Le policier et sa compagnie n’étaient alors “ni assaillis, ni encerclés, ni même réellement pris à partie”, ce qui exclut la justification de la légitime défense ou de la sauvegarde de son intégrité physique ou de celle d’autrui.

Le policier se voit aussi reprocher d’avoir “agi de sa propre initiative, sans recevoir d’ordre”, contrairement à la doctrine d’emploi des GMD, écrivent les juges. Enfin, il n’était pas habilité pour cette arme puissante qu’il aurait, selon l’hypothèse privilégiée par l’enquête, lancée en cloche et non au ras-du-sol comme exigé.

Le recours aux GMD ainsi qu’aux lanceurs de balles de défense (LDB), à l’origine de dizaines de blessés et mutilés lors du récent mouvement des gilets jaunes, fait l’objet d’une vive controverse en France.

Source : BFMTV

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *