Livre blanc de la Défense: “Les priorités n’ont pas été clairement définies”

Loïc Tribot La Spière, délégué général du Centre d’étude et de prospective stratégique, analyse les zones d’ombre du livre blanc sur la défense qui impose une baisse du budget à 179 milliards d’euros sur 2014-2019. Interview.

Le livre blanc a-t-il atteint ses objectifs?

C’était un exercice difficile, on a assisté à un accouchement dans la douleur, sans cesse reporté depuis plusieurs mois. Ce livre blanc est un rapport d’actualisation nécessaire mais il restera un document de transition. Certes, on a essayé d’avancer, de prendre en compte la réalité budgétaire mais on n’a tranché sur rien et on n’a pas abouti à un véritable outil de ré-architecture de notre défense. Les priorités n’ont pas été clairement définies. On a écouté tout le monde et cherché à satisfaire tout le monde. De surcroît, l’exercice s’est trouvé marqué par l’intervention au Mali: on sait que nous serons fortement présents en Afrique et que ce phénomène ira en s’accentuant. Donc on n’a voulu renoncer à rien. On peut donc s’attendre à ce que cela ne tienne pas la route. Ce livre blanc appellera très vite un autre livre blanc!

Le budget de la Défense est pourtant sanctuarisé?

Il y a clairement un volontarisme budgétaire. Mais les 179 milliards d’euros annoncés sur six ans reposent sur des hypothèses qui, si elles tombent, menacent tout l’édifice. Ce budget inclut des recettes exceptionnelles, comme la vente de fréquences hertziennes ou d’immobilier, qui doivent encore être confirmées: quand ces cessions interviendront-elles, pour quel montant? Nul ne le sait. De même, on nous parle de la vente d’actions détenues par l’Etat dans des sociétés industrielles, mais quand et combien seront-elles valorisées? Sans compter que Bercy pourrait être tenté de faire revenir ces recettes dans le budget commun! Rien n’est garanti.

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