L’inquiétant vieillissement des véhicules de police et de gendarmerie

Selon le réglement, un véhicule de police devrait être remplacé une fois qu'il a parcouru 150.000 kilomètres.

Selon le réglement, un véhicule de police devrait être remplacé une fois qu’il a parcouru 150.000 kilomètres. Crédits photo : PHILIPPE HUGUEN/AFP

Le député Yann Galut s’inquiète dans un rapport présenté le mois dernier à l’Assemblée du manque de moyens alloués au renouvellement du parc automobile de la police.

Le député Yann Galut est pour le moins alarmiste. L’élu socialiste du Cher s’inquiète, dans un rapport présenté en octobre à l’Assemblée nationale, du vieillissement constant du parc automobile de la police. En effet, note-t-il, «les règles prévoient qu’un véhicule doit être remplacé lorsqu’il a parcouru 150.000 kilomètres. Or, selon les fonctionnaires que le rapporteur spécial a rencontrés, il ne serait pas rare que des véhicules ayant entre 200.000 et 300.000 kilomètres continuent d’être utilisés.» L’âge des véhicules en circulation avoisine désormais les 6 ans. Les voitures ou deux-roues de la police circulent ainsi près d’une année de plus par rapport à 2011. Et cette situation n’est pas prête à s’améliorer. Selon le rapport, sur les 10.896 véhicules appelés à être réformés sur la période 2015-2017, seuls 4100 pourront effectivement l’être compte-tenu des crédits actuellement alloués.

«C’est un peu une Arlésienne dans la police», constate avec amertume Mohamed Douhane, secrétaire générale du syndicat Synergie-Officiers. Le policier partage le constat du parlementaire. «Le vieillissement de nos véhicules, dont certains dépassent allègrement le 200.000 kilomètres, a un véritable impact sur l’image de marque de l’institution policière», analyse-t-il. «Plus grave, cela réduit nos moyens opérationnels. À cause de pannes fréquentes et d’immobilisations trop longues, certaines opérations doivent être reportées ou tout simplement annulées», ajoute l’officier. Il souligne même un effet psychologique chez les forces de l’ordre qui ne se sentent plus soutenues par les pouvoirs publics.

En 2015, la gendarmerie aurait besoin de 6800 véhicules

Côté gendarmerie, la situation n’est guère plus enviable. Certes, la maréchaussée devrait acquérir 1400 véhicules cette année. Mais les crédits permettant cet achat ont longtemps été gelés. Ainsi, au 1er juillet, seuls 37 véhicules, dont le besoin était urgent, avaient bien été commandés. Ce n’est qu’en octobre que l’ensemble de la commande a pu être passée. Mais, à elle seule, elle ne saurait suffire au respect des critères de réforme fixés à huit ans et 200.000 km. Ces derniers nécessiteraient l’acquisition de 3000 véhicules chaque année. Dans les faits, ce n’est plus le cas depuis quatre ans. Pour rattraper ce retard, la Gendarmerie devrait dépenser l’année prochaine pas moins de 136 millions d’euros pour l’achat de 6800 véhicules.

Pour résoudre cette équation, le syndicat Synergie officiers a bien une solution: simplifier les saisies confiscatoires de biens appartenant à des délinquants. Depuis la loi Loppsi 2 en 2011, la police, la gendarmerie et les douanes ont ainsi pris possession de 519 voitures – souvent de luxe – acquises avec l’argent du crime. Seulement, depuis septembre dernier, la démarche est devenue plus compliquée. Les services de police doivent à présent demander l’autorisation du parquet avant toute saisie. Car la justice a du mal à gérer ses scellés. Quelques 16.000 véhicules appartenant à des malfrats ont été placés à la fourrière sur le plan national.

Source : Le Figaro

 

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