L’ex-gendarme de Bourges faisait chanter un ex-taulard

Un mandat d'arrêt a été délivré contre le gendarme - dessin Deligne. - Dessin Deligne

Un mandat d’arrêt a été délivré contre le gendarme – dessin Deligne. – Dessin Deligne

Un an de prison ferme pour Jean-Claude, l’ex-gendarme berruyer, un peu “ripoux” sur les bords du képi, très borderline dans son uniforme. Et relaxe pour l’ancien taulard, Christophe (le prénom a été changé) que le pandore faisait chanter. Empêtré dans une spirale de dettes, le gendarme rencontre, dans un PMU du Boischaut, un joueur addict mais chanceux, Christophe qui parie, gratte, mise. Très chanceux même, le garçon.

Ex-taulard, il sort de neuf fois de placard, avec une affaire en cours qui lui colle au corps comme un sparadrap, le joueur devient vite ami avec le pandore. Mais pas pour rien. D’un côté, l’ancien taulard est un trèfle à quatre feuilles sur pattes qui renferme un coffre-fort rempli de monnaie. De l’autre, le képi cherche de la fraîche pour combler les trous de son compte en banque. Alors, en échange d’une intervention divine auprès de la justice, lui fait-il miroiter, le gendarme tend la main et promet à Christophe, de le sortir du pétrin judiciaire dans lequel il s’est mis.

Dans le képi de l’officier de police judiciaire, le parieur invétéré y dépose des biftons, jusqu’à 5.000 euros. Un jour, fier comme un bar-tabac, le pandore dit à son pote qu’il peut dormir tranquille, son affaire est classée grâce à lui. C’est archi-faux, de toute façon, la justice avait décidé de classer l’affaire. Mais ça, l’ex-gendarme se garde bien de le dire… Il fournit même un faux document pour prouver sa bonne foi ! Rien ne l’arrête.

Jean-Claude devient gourmand, très, trop. Le prix de la liberté, c’est 500.000 euros. Sinon, le gendarme qui se croit tout puissant renvoie son copain en taule, menace-t-il. Le scénario tourne à l’aigre. Christophe dépose plainte contre le gendarme qui, suspendu en 2011, est viré de la gendarmerie par la suite. Mais Christophe est lui aussi convoqué devant le tribunal correctionnel pour complicité de faux. Car le gendarme avait monté une usine à gaz. Il confectionne de faux papiers, sur l’ordinateur de la gendarmerie afin de faire cracher au bassinet des pigeons tout désignés. Le scénario est alambiqué.

Christophe est plein aux as mais son pognon est bloqué dans une banque du Luxembourg. En attendant, si on pouvait lui avancer de la monnaie…  Les intérêts seront généreux. L’histoire est tellement bidon qu’elle ne prend pas. A la barre, Christophe crie son innocence. Le pandore lui met la pression mais c’est lui qui mène la danse.  Au tribunal, le gendarme joue à l’homme invisible. Au terme de la plaidoirie de Me Bangoura, l’avocat de Christophe, le tribunal correctionnel condamne l’ex-gendarme à un an de prison ferme. Et relaxe le joueur qui peut continuer de gagner sa vie en pariant sur des chevaux.

Source : Le Berry.fr

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