Les policiers municipaux toulousains sont-ils armés de pétoires ?

20180917114511234-0Les revolvers des policiers municipaux sont trop vétustes. / Archives DDM, Thierry Bordas

Si un rapport parlementaire propose de rendre obligatoire l’armement des polices municipales, celle de Toulouse attend surtout des armes en parfait état de marche. Armés depuis 2006 à Toulouse, et de jour comme de nuit depuis 2014, les quelque 315 policiers municipaux se plaignent régulièrement de ne disposer que de vieilles pétoires.

« Nous sommes armés de Taurus 38 spécial, des vieux revolvers qui viennent de la police nationale, explique Didier Cabanié, délégué syndical FO de la police municipale. Ces armes sont vétustes et il y a beaucoup d’incidents de tir lorsque l’on s’entraîne : le barillet qui bouge, le canon qui tombe… En plus le cailbre n’est pas très adapté : par exemple lors des attentats de Nice, les balles avaient ricoché sur le camion du terroriste. Nous devrions recevoir de nouveaux modèles et passer au 9 mm. On l’espère pour l’année prochaine ».

Adjoint au maire de Toulouse en charge de la sécurité, Olivier Arsac confirme la prochaine passe d’arme : “Notre stock a vieilli, certaines armes commencent à devenir défectueuses et il fallait en changer. Nous avons budgété le passage progressif au pistolet 9 mm. En plus le pistolet est moins cher que le revolver…”

Les policiers municipaux n’ont fait qu’une seule fois usage de leur arme

Heureusement, depuis douze ans, les policiers municipaux toulousains n’ont dégainé qu’à trois reprises : une fois l’année dernière pour abattre un chien qui était en train de mordre un sans domicile fixe à proximité de la place Wilson, deux autres fois, sans en faire usage, lorsque des policiers se sont sentis menacés. Rien en tout cas qui puisse remettre en question l’armement de la police municipale.

« Nous considérons que le policier municipal, dès lors qu’il porte un uniforme, constitue une cible potentielle, ce qui est encore plus vrai depuis les attentats, estime Olivier Arsac, adjoint au maire en charge de la sécurité. Ainsi en 2015 à Montrouge, la policière municipale abattue par un terroriste n’était pas armée. Nos policiers ne doivent pas aller au travail la peur au ventre. Et je ne comprends pas les maires qui refusent d’armer leur police, ce n’est pas très responsable… »

Les policiers veulent aussi des armes d’épaules

Les fonctionnaires toulousains vont donc disposer de nouvelles armes mais ils souhaiteraient aussi compléter leur arsenal avec des armes non létales (taser, flashball…) mais aussi des armes d’épaules. « Pour des missions en poste fixe, elles sont plus adaptées, souligne Didier Cabanié. Face à la portée d’une kalachnikov, on ne va pas répliquer avec des revolvers… »

Olivier Arsac reconnaît que les policiers municipaux « sont les premiers à intervenir en cas d’attentat » mais que ça ne constitue pas un motif suffisant pour les doter de fusils d’assaut ou d’armes plus lourdes : « Il y a débat. Nous les élus ne sommes pas demandeurs mais nous ne fermons pas la porte aux revendications des syndicats ».


Bientôt un nouveau stand de tir

Histoire de ne pas perdre la main, les policiers municipaux sont obligés dans le cadre de leur formation continue de tirer au moins cent cartouches (deux séances de cinquante cartouches) chaque année en s’entraînant au stand de tir. La mairie de Toulouse a même imposé à ses agents trois séances d’entraînement. Or le stand de tir de Blagnac où s’entraînent toutes les polices de la région toulousaine, y compris la police nationale, est complètement saturé. « Nos policiers sont parfois obligés d’aller à Castres, observe Olivier Arsac. Aussi nous avons décidé de lancer la construction de notre propre stand de tir sur la commune de Toulouse. Les travaux vont commencer cet automne pour une mise en service l’été prochain. On va y gagner en efficacité. Et nous pourrons louer des créneaux à d’autres polices…» Selon nos informations ce nouveau stand de tir devrait être construit à Purpan, sur l’emplacement d’une aire d’accueil des gens du voyage qui n’a jamais été ouverte.

Source : La Dépêche

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