Les gendarmes ont le moral dans les chaussettes…

chaussettes

Nous savons tous que très peu de gendarmes ont connaissance de la teneur exacte des Comptes Rendu d’Ambiance adressés à la DGGN et établis par les conseillers  de concertation au niveau des différentes régions de Gendarmerie.  (C.R.A. anciennement dénommé « Rapport sur le Moral »)

 Cette année, grâce à plusieurs contacts, Profession-Gendarme a pu avoir accès à ces CRA.  C’est pourquoi  j’ai tenu à vous présenter un état des lieux du moral des gendarmes d’aujourd’hui.

Ce qui me fait dire que « les gendarmes ont le moral dans les chaussettes ». 

Dans cette analyse Profession-Gendarme s’est attaché à vous présenter  l’état du moral  des gendarmes à travers  quelques extraits « caractéristiques »  choisis  :

Pour exemple le moral de la région de Gendarmerie d’ Auvergne,  déjà moyen, s’est dégradé depuis le rapport précédent. Les préoccupations qui animaient alors les personnels provenaient principalement de la RGPP et de la baisse des effectifs.

Les inquiétudes sont pour l’exercice en cours, orientées ver la crise et l’impact qu’elle aurait sur la pérennité des acquis. Mais également sur une prise en compte sous-estimée des difficultés de l’exercice du métier de gendarme et sur le manque de volonté des autorités d’emploi devant l’urgence de corriger la carte des implantations des unités.

En région Bretagne le moral du GD est ébranlé par la fragilisation. de son métier en raison notamment du déficit d’attractivité du travail des brigades territoriales et de reconnaissance des militaires les plus exposés au danger.

Le Gendarme est en grande difficulté face à des outils en constante évolution, ne comprenant plus les décisions des autorités dont l’action a fait reculer son efficacité sur le terrain. Il est confronté quotidiennement à sa propre perte d’autorité. Il vit une crise identitaire. Il craint de voir sa condition, déjà difficile,  s’affaiblir davantage.

Les gendarmes sont inquiets de voir la gendarmerie tomber sous son seuil de crédibilité budgétaire.  Le manque de marge budgétaire les touchent de plus en plus fortement dans leurs activités quotidiennes et leur font regretter un déficit de sécurité dans leurs missions.

Ils constatent des restrictions opérationnelles, alors que la culture du résultat reste présente, avec en plus la dégradation des conditions de logements qui pénalise aussi leurs familles.

La région Rhônes-Alpes n’échappe pas à la tendance nationale,  l’ambiance générale est particulièrement morose et le moral des militaires, déjà bas en 2011, a continué de se dégrader en 2012. Pour beaucoup d’entre eux cela se traduit par du silence et de la résignation.

La chaîne de concertation mise en place n’arrive pas à convaincre les gendarmes qui voient en elle un « placébo » permettant de tempérer les ardeurs des plus remontés et de « noyer le poisson ». Si les inquiétudes semblent remonter sans distorsion  du terrain vers les décideurs, cela n’entraîne aucune mesure concrète visant à faciliter le quotidien des unités qui ne rechignent pas à la tâche.

Alors que le Gendarme a longtemps été un repère social, reconnu, estimé et apprécié,  il est de plus en plus confronté à une dévalorisation de ses fonctions. Son autorité est remise en cause, les autorités publiques ne le soutiennent plus voir lui démontrent une défiance dommageable.

Sa situation matérielle suscite la pitié. Cette érosion fait largement reculer le gendarme sur l’échelle sociale. Manquant de reconnaissance il a perdu sa place au sein d’une société en manque de repère.

Dans les Pays de Loire il est fait état que l’état morose du moral s’est étendu en 2012 à l’ensemble du personnel. Les préoccupations du personnel de la Gendarmerie n’ont pas été prises en compte. Ceux –ci se résignent et sont dubitatifs quand à la chaîne de concertation et  à l’efficacité de la remontée du Comte Rendu d’Ambiance.

L’esprit de cohésion et de camaraderie au sein des unités se fragilise dangereusement. Le Gendarme souhaite fortement être ramené au cœur de son métier. Il attend confiance, soutien et reconnaissance tant de la part  de sa hiérarchie que des autorités d’emploi.

Force est de constater que la Gendarmerie n’échappe pas à la morosité de la société avec pour conséquence la dégradation de son climat social.

Pour l’année 2012 l’ambiance au sein des sous-officiers et volontaires de la région Haute Normandie est clairement et majoritairement morose. Le désarroi se fait sentir tout comme une certaine forme de colère grandissante. Bien qu’aucun signal ne laisse envisager une crise interne majeure imminente,  l’arrivée d’éventuels sujets délicats et surtout les solutions qui leurs seront apportés,  seront observés de façon particulière par les militaires de l’Arme.

Ils constatent la dégradation des conditions de logements en raison de la décrépitude progressive du parc immobilier.

Ils sont consternés et lassés de voir qu’aucune solution n’a été apportée à leurs difficultés maintes fois répétées.

Sa dernière source d’insatisfaction est que l’esprit de corps s’effrite compte tenu de l’état  des logements et du célibat géographique qui s’étend, favorisant ainsi un esprit toujours plus individuel.

–  La chaîne de concertation convaincra en démontrant notamment qu’elle représente davantage qu’une simple courroie d’information.

 –  La DGGN devrait donner de temps en temps un signe fort concernant ces préoccupations qui reviennent sans cesse  afin de renforcer les instances de représentation et de participation (IRP) qui commencent à donner quelques signes d’essoufflement et d’agacement.

Après lecture de l’ensemble des CRA qui nous ont été communiqué j’ai tenté de ne n’apporter ici qu’un résumé de l’ambiance générale qui en ressort en ne faisant état que de quelques points caractéristiques des problèmes rencontrés par les gendarmes.

Je ne me suis pas attardé en détail sur les propositions faite dans ces CRA si ce n’est que sur les deux propositions ci-dessus que j’estime primordiales.

En effet il ressort que si la chaîne de concertation dernièrement mise en place est constituée par des personnels motivés, celle-ci  n’a pas encore démontré son efficacité.

Elle est davantage perçue comme un « placébo » servant à « noyer le poisson », n’ayant aucun autre pouvoir que d’informer l’autorité supérieure et n’ayant aucune influence sur les décisions ou mesures à venirs.

Ma conclusion est qu’il est grand temps que des instances indépendantes du commandement voient le jour et puissent peser réellement sur le « pouvoir » afin de redonner à la Gendarmerie Nationale toutes ses lettres de noblesse et que le gendarme puisse retrouver le rang social qui était le sien au sein de la Cité.

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