L’épineux dossier des fermetures de commissariats

De Dinan à Castelnaudary, policiers et gendarmes doivent se redéployer dans une trentaine de villes. Les élus et les syndicats de policiers protestent. Manuel Valls doit agir avec doigté.

«Ce ne sont pas des fermetures mais des redéploiements». Le cabinet de Manuels Valls préfère éviter les mots qui fâchent. Depuis quelques jours, les organisations syndicales de la police et de nombreux élus tentent d’attirer l’attention du ministre de l’Intérieur sur les conséquences d’un projet de redistribution de certaines implantations de police et de gendarmerie en province et en région parisienne.

Une bonne trentaine de communes sont concernées, mais aussi de plus petites villes, cette fois en zone gendarmerie, comme Cesson-Sévigné, près de Rennes. Jean-Claude Delage, le secrétaire général d’Alliance, deuxième force syndicale chez les gradés et gardiens, assure que «le ministre est bien mal conseillé par sa haute administration qui pilote ce dossier comme le Gosplan».

L’élu PS menace de rendre sa carte

Le maire UMP de Dinan, René Benoît, se dit victime d’un «coup de massue» de la part du gouvernement, «sans aucune concertation». Celui de Castelnaudary, socialiste, aurait, quant à lui, menacé de rendre sa carte du PS, si la suppression de son commissariat devait se confirmer. «À Thouars, autre ville évoquée, la situation est d’autant plus ubuesque que les effectifs du commissariat ont reçu une prime de résultat pour leur travail. Et maintenant, on leur dit qu’ils doivent partir!», déplore Jean-Claude Delage.

Dévoilé en janvier par Beauvau, le projet qui fait tant polémique s’inscrit dans la continuité d’une politique de «rationalisation» qui fut largement portée par Nicolas Sarkozy, au temps où il était aux affaires. L’idée est d’implanter les policiers dans les zones urbaines, où ils ont vocation à servir, et les gendarmes dans les secteurs ruraux et les gros bourgs, auxquels les rattachent leur histoire et leur savoir-faire. La carte des implantations, il est vrai, n’avait pas changé depuis 1945, alors que les bassins de population ont profondément évolué depuis l’après-guerre.

Beauvau promet un accompagnement social

Lire la suite : Le Figaro

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *