Lens Route de Béthune, l’ancienne gendarmerie va abriter un garage école

Renaissance inattendue pour l’ancienne caserne de gendarmerie de la route de Béthune. Elle doit accueillir dès janvier prochain huit jeunes décrocheurs formés aux métiers de l’automobile. Un vrai garage où vous pourrez faire réviser et réparer votre voiture. Explications.

Six box et quatre ponts seront aménagés dans les anciens garages des gendarmes

Six box et quatre ponts seront aménagés dans les anciens garages des gendarmes

Difficile d’imaginer à quoi ressembleront les locaux du 71, route de Béthune, une fois les travaux accomplis, mais une chose est d’ores et déjà certaine : c’est grand ! Immense, même.

En fait, le site se divise en deux parties bien distinctes. «  400 m2 de plateaux techniques et 300 m2 de salles pédagogiques  », détaillent Pierre Delannoy et Marc Saint Olive, les deux chevilles ouvrières de l’École de production automobile dont les yeux brillent en faisant visiter les locaux.

 

Voici le futur plateau technique de 400 m2.
Voici le futur plateau technique de 400 m2.

Norauto a racheté le site

Norauto, un des partenaires financeurs de l’École depuis le départ, a déboursé 500 000 euros pour racheter le site. La Région et la CALL ont chacune sorti de leurs poches 75 000 euros. Pas-de-Calais Active et la Caisse des dépôts comptent aussi au nombre des généreux donateurs.

Route de Béthune, le long des bâtiments pédagogiques, six box abriteront les véhicules des futurs clients. Révision, pneus, freinage constitueront les missions principales des futurs mécaniciens. Quatre ponts seront installés dans les anciens garages des gendarmes.

« Là, ils seront sur une mise en situation de production réelle et directement au contact des clients. »

Les huit élèves de la première promotion de ce garage école, installés provisoirement dans les locaux du CFA auto du côté d’Arras, travaillaient jusqu’à présent «  à blanc  ». «  En fait, ils intervenaient jusqu’ici sur des blocs-moteurs et sur des véhicules test, résume Marc Saint Olive. Là, ils seront sur une mise en situation de production réelle et directement au contact des clients. » Une montée en régime programmée pour préparer ces jeunes décrocheurs de 15-16 ans, tous originaires du bassin minier, à obtenir un CAP en maintenance automobile.

Une deuxième promotion en février

Sur le site, le plus gros des travaux concerne la mise aux normes des locaux. Il y en a pour plus de 200 000 euros. La toiture est à refaire, une rampe pour handicapés doit être posée… L’essentiel est que le site puisse accueillir l’actuelle promo dès la rentrée de janvier et, dans la foulée, huit autres « petits nouveaux » de la seconde promotion courant février.

«  Le site est idéal pour nous permettre de nous développer, annonce Marc Saint Olive. Nous sommes sur un axe très passant. Pour les élèves, la situation géographique est parfaite avec la gare pas très loin et un arrêt de bus juste devant. » Reste maintenant à attirer les clients jusqu’au garage école.

Qu’est-ce que l’école de production ?

C’est un établissement privé d’enseignement technique qui prépare aux diplômes et certifications du CAP et bac pro. Il y en a vingt-six répartis dans toute la France, qui s’adressent d’abord aux décrocheurs scolaires. Ils seraient 140 000 en France et 1 500 sur le secteur Lens-Hénin-Carvin. Sont ciblés les jeunes de 15-16 ans sortis du système scolaire.

À Lens, l’École de production automobile compte deux salariés, et un nombre important de bénévoles. Dans le détail, l’équipe se compose d’un directeur des études, d’un maître professionnel, de trois formatrices (en français, maths, histoire-géo) et de trois accompagnatrices scolaires ou sociales. L’équipe est en train de recruter un second maître professionnel et cherche deux à trois formateurs bénévoles complémentaires (français, maths-physique) pour janvier 2018, à raison de deux à trois heures par semaine.

Si d’aventure l’expérience vous tente, vous pouvez contacter le directeur Pierre Delannoy : 06 52 55 54 53 pdelannoy.epal@gmail.com ou le président Marc Saint Olive : 07 62 81 23 28 msaintolive.epal@gmail.com

À quand un vrai statut ?

Marc Saint Olive, président de l’École de production automobile, et Pierre Delannoy, directeur de l’école.

Si la jeunesse est une des grandes priorités du président Macron, pourquoi les écoles de production n’ont-elles pas de reconnaissance officielle spécifique ? C’est en substance le message que veulent faire passer Marc Saint Olive et Pierre Delannoy. Une demande corroborée par une pétition parue dans le journal Le Monde, en juin dernier.

Un collectif de responsables de plusieurs associations d’insertion de jeunes a pris la plume pour réclamer la reconnaissance d’un statut juridique pour ces écoles de production.

Leur cheval de bataille ? «  Bénéficier, au même titre que les CFA, de la prise en charge des frais de fonctionnement et de la perception de la taxe d’apprentissage  », explique Marc Saint Olive.

Les patrons de l’École de production automobile de Lens ont ainsi pour objectif de «  convaincre les chefs d’entreprise d’orienter leur taxe vers (leur) école, sur janvier et février 2018. L’objectif est fixé à 40 000 euros  ».

Source : La Voix du Nord

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