Le stand de tir de Bien-Assis reçoit chaque jour les élèves de l’école de gendarmerie

C’est l’heure des résultats. Les élèves-gendarmes devaient tirer dans un rectangle situé au niveau de la partie pelvienne.? - photos : bernard lorette

« Le tir d’intervention, c’est l’essence de notre métier », dit un cadre de l’école de gendarmerie. C’est au stand de Bien-Assis que les élèves apprennent à tirer juste.

le tir constitue l’une des éléments majeurs de la formation des élèves-gendarmes. Durant les neuf mois qu’ils passent au sein de la caserne Richemont, les futurs militaires se rendent une vingtaine de fois au stand de tir de Bien-Assis. Vendredi dernier, nous avons suivi les 114 élèves-gendarmes de la 7 e compagnie de l’école de gendarmerie. Chacun a tiré quinze balles. La plupart ont fait mouche.

1 Quelle est la journée type d’un élève-gendarme au stand de tir ? Elle se déroule en deux phases. D’abord, le tir à balles réelles. Les élèves-gendarmes passent par groupe de quatre. À côté de chacun, un instructeur chargé de veiller au bon déroulement de l’exercice. Derrière, quatre autres élèves prêts à prendre le relais. Le tir dure entre cinq et dix minutes selon la vitesse d’exécution des tireurs. Une fois le tir terminé, chaque groupe va voir ses résultats alors que le groupe suivant est chargé de ramasser les étuis. Ensuite, place à l’atelier où les élèves doivent démonter et remonter une arme. Pour le fusil à pompe, ça ne prend que quelques secondes. Il suffit de démonter le canon.

2 Quelles sont les armes utilisées ? Elles sont au nombre de quatre : le pistolet automatique, le pistolet-mitrailleur HK, le fusil d’assaut Famas et le fusil à pompe Browning. Vendredi, les élèves de la 7 e compagnie se sont exercés avec le pistolet-mitrailleur HK. Lors de sa formation, l’élève-gendarme tire environ 1.000 cartouches. Les munitions sont du 9 millimètre pour le pistolet automatique et le HK, du calibre 12 pour le Browning et du 5,56 pour le Famas.

4 Quelles sont les distances de tir ? Les deux cents mètres de longueur du stand ne sont utilisés que pour les tirs au Famas, une arme spécifique à la gendarmerie mobile. Au fil du temps, les distances ont été raccourcies pour « répondre à la réalité du terrain », explique le major Martin-Marco, l’adjoint au capitaine Mathieu qui commande la 7 e compagnie. « On place le gendarme dans le cadre d’un tir d’intervention entre sept et quinze mètres ».

5 À quoi ressemble la cible sur laquelle les élèves s’entraînent ? « La petite cible noire a disparu » pour laisser place à une silhouette grandeur nature. L’assaillant est cagoulé et muni d’une arme de poing. « Là encore, on est dans le concret, précise le major Martin-Castro. Il faut que l’élève se projette dans la réalité d’une intervention ».

6 Quelle est la partie du corps visée par l’élève-gendarme ? Si Clint Eastwood, alias l’inspecteur Harry, vise toujours la tête, les élèves-gendarmes visent un rectangle de vingt centimètres sur vingt situé au niveau de la partie pelvienne. Pourquoi ce choix ? D’abord, pour ne pas toucher un organe vital et tuer l’agresseur. Autre argument avancé : le grand banditisme est de plus en plus souvent équipé de gilets pare-balles.

7 Quelles sont les mesures de sécurité sur le pas de tir ? Avant chaque tir, l’instructeur rappelle à l’élève-gendarme qu’il ne doit pas utiliser son arme sans autorisation du directeur de tir. L’opération terminée, l’élève vérifie que son chargeur est vide et dit « arme sécurisée ». Le cadre effectue les vérifications d’usage.

Fabrice Redon

Source : La Montagne.fr

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