Le procès du motard impliqué dans le décès d’un gendarme près d’Eymet (24) se tiendra mardi

Le drame s’était produit en 2010, lors d’un contrôle routier. Il avait coûté la vie à Jacques Montouillout, attaché à la brigade mobile de Bergerac

Dans la cour de la gendarmerie de Périgueux, le 4 mars 2010, l'hommage au gendarme Montouillout|| Archives Jean-Christophe Sounalet


Dans la cour de la gendarmerie de Périgueux, le 4 mars 2010, l’hommage au gendarme Montouillout
Plus de trois ans après le drame, c’est mardi après-midi que le motard responsable présumé du décès du gendarme Jacques Montouillout, le 28 février 2010 à Saint-Julien-d’Eymet(carte ci-dessous), sera jugé par le tribunal correctionnel de Bergerac.
Jacques Montouillout, décoré à titre posthume de la Légion d’honneur
Sous la violence du choc, Jacques Montouillout a été projeté sur l’asphalte, à une dizaine de mètres. Transporté à l’hôpital de Bergerac, notamment pour une fracture ouverte d’une jambe, il y est décédé le soir de l’accident suite à des lésions plus importantes.

Sa disparition avait suscité une grande émotion dans toute la gendarmerie, tant en Dordogne qu’au niveau national. Agé de 49 ans et originaire de la région parisienne, il était marié et n’avait pas d’enfant. Il vivait à Bergerac où il avait été nommé en décembre 2010 et venait d’acheter une maison tout près de Mouleydier. “Comme beaucoup, il était tombé amoureux de la Dordogne”, confiait le colonel Deslestrade, du groupement de gendarmerie départemental, au lendemain du drame.

Le 4 mars 2010, les obsèques de Jacques Montouillout ont rassemblé plus de 250 personnes, gendarmes, militaires, civils et membres de la famille, à Périgueux. Egalement présent, le ministre de l’Intérieur de l’époque, Brice Hortefeux, l’avait décoré de la Légion d’honneur à titre posthume et élevé au grade de maréchal des logis-chef. “Ce drame inacceptable doit renforcer notre volonté de poursuivre, sans relâche, le combat pour la sécurité sur les routes de France”, avait martelé ce proche de Nicolas Sarkozy.

Jacques Montouillout était le quatrième gendarme à avoir perdu la vie dans l’exercice de ses fonctions depuis le début de l’année 2010.

Jean-Jacques Pee-Nouque, qui avait renversé le militaire de la brigade motorisée de Bergerac, décédé des suites de ses blessures, comparaîtra pour homicide involontaire avec circonstances aggravantes. L’instruction a été bouclée l’hiver dernier. Selon les enquêteurs, ce passionné de deux-roues, expérimenté mais aussi habitué de la vitesse, roulait ce jour-là au-dessus de la limite autorisée sur cette portion de la D 933 reliant Bergerac à Marmande. Toujours selon les éléments du dossier, il dépassait deux automobiles et avait franchi une ligne continue lorsque Jacques Montouillout s’est avancé sur la chaussée pour lui ordonner de stopper sa course.

Circonstance aggravante, le prévenu, un ancien maître de chai âgé de 50 ans, “un homme banal, sans histoire”, selon son avocat de l’époque, avait pris la fuite après la collision. Il ne s’est rendu à la gendarmerie de Bergerac que deux heures plus tard. Le plan Epervier avait été déclenché.

Défendu par un ténor du barreau, Me Philippe De Caunes, le prévenu a expliqué dès le début de l’enquête qu’il avait essayé de ralentir, mais sans bloquer les freins, de peur de ne plus maîtriser son engin et de chuter. D’autant qu’il transportait son fils, alors âgé de 13 ans. Un adolescent qu’il a d’ailleurs raccompagné chez sa mère avant de se rendre à la gendarmerie. C’est d’ailleurs son ex-épouse qui l’aurait inciter à se faire connaître.

Source : Sud-Ouest

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