Le colonel s’en était pris aux gendarmes

Les deux victimes, soutenues à l’audience par le colonel Charles Bourillon (au centre), patron du groupement de gendarmerie de Vaucluse, sont venues confirmées à l’audience qu’elles ont subi des coups d’Emmanuel Gros. Ex-colonel de l’armée de Terre. Photo DL/R.D.Les deux victimes, soutenues à l’audience par le colonel Charles Bourillon (au centre), patron du groupement de gendarmerie de Vaucluse, sont venues confirmées à l’audience qu’elles ont subi des coups d’Emmanuel Gros. Ex-colonel de l’armée de Terre. Photo DL/R.D.

Douze mois de prison avec sursis pour des violences sur deux gendarmes. 2000 € d’amende et une interdiction de manifester dans le Vaucluse.

Emmanuel Gros, 58 ans, est resté impassible aux réquisitions prises hier par Laurène Dorlhac, substitut du procureur de la République à Avignon (Vaucluse). Après 35 années à porter l’uniforme de l’armée de terre, cet ancien colonel, domicilié à Carpentras, a enfilé l’habit de prévenu devant le tribunal correctionnel. Soupçonné d’être le responsable de débordements lors d’une manifestation anti-mariage pour tous. La scène s’est jouée le 11 avril dernier en marge du conseil communautaire organisé à Courthézon.

Les témoins parlent d’un individu déterminé, énervé, agressif”… La première gendarme a été victime d’un coup au visage. Elle s’est retrouvée au sol. Lèvre ouverte. Le second militaire, témoin de la scène, a eu les deux pouces retournés en tentant d’interpeller le prévenu.

Le prévenu : “J’étais paniqué”

Silhouette longiligne, chemise à rayure et costume cravate, c’est d’une voix grave que cet ancien rugbyman est venu clamer son innocence à la barre du tribunal. Père de cinq enfants, il nie avoir voulu blesser les gendarmes. M e Tanguy Barthouil, son conseil, a plaidé la relaxe. Et n’a pas manqué de dénoncer une enquête menée par des services “de la même compagnie”.

Le militant anti-mariage gay donne sa version. “Le choc avec la gendarme est dû à un déplacement de la foule. C’était involontaire. Après l’adjudant m’a attrapé pour m’extraire des manifestants. J’ai 58 ans. Je ne comprenais pas très bien pourquoi ils ont sorti leur Taser… Quand on sort une arme, c’est pour s’en servir. Pas pour la décoration. J’étais paniqué”, confie l’ancien officier. L’homme se serait débattu avant de prendre la fuite. Sans savoir qu’il laissait deux blessés. “Mais il s’est présenté à la gendarmerie dès le lendemain en se sachant recherché”, observe son avocat.

Pas suffisant pour le conseil des deux victimes M e Siegfried Bielle : “Ce qui me dérange, c’est que l’on sous-entend que les gendarmes ont menti”. Le tribunal a préféré prendre le temps de la réflexion. La décision est mise en délibérée au 24 juin.

Source : Vaucluse  Matin.com

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