Le colonel Olivier Le Bianic, patron des gendarmes, quitte l’Yonne pour la direction générale

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“Je ne vaux que par la puissance des hommes que je représente”, colonel Olivier Le BIanic, commandant du groupement de gendarmerie départementale de l’Yonne.

Le colonel, commandant du groupement de gendarmerie départementale de l’Yonne, quitte ses fonctions. Son départ a été officialisé ce vendredi 20 juin à la préfecture, il tire le bilan de son passage dans l’Yonne.

Pas un regret. Mais peut-être une pointe de nostalgie. Le colonel Olivier Le Bianic, commandant du groupement de gendarmerie départementale de l’Yonne, quitte ses fonctions, après quatre années à la tête des 600 militaires et civils du département. Un poste pour lequel « [il] était rentré » dans la gendarmerie. L’« aboutissement » d’une carrière de terrain, au terme de onze ans de commandement pur. Animé par un sentiment de gratitude et de fierté, le colonel, appelé à la direction générale de la gendarmerie à Issy-les-Moulineaux, officialisera aujourd’hui son départ, dans les salons de la préfecture.

Que retenez-vous de quatre ans de commandement de groupement, à l’heure de votre départ?

Un sentiment de gratitude pour l’ensemble des femmes et des hommes qui ont servi sous mon commandement. À commencer par mon cercle immédiat. Mes commandants de compagnie. Et l’ensemble des personnels. Le slogan de la gendarmerie depuis près de vingt ans, c’est : « Une force humaine. » Ce n’est pas juste un slogan. L’art du chef, c’est de chercher parmi les personnes celles qui vont vous faire réussir. C’est savoir faire confiance. Je ne suis rien en propre. Je ne vaux que par la puissance des hommes que je représente.

Comment avez-vous appréhendé votre rôle dans l’Yonne?

Le but, c’est de porter, d’ani­mer, de coordonner. Le but, c’est d’organiser cette puissance exceptionnelle de travail et de sécurité. Un groupement, c’est une belle machine de guerre, qui réagit vite. Le rôle du com­mandant de groupement, c’est de déléguer un maximum. Quand on a six cents personnes sous ses ordres, on n’a pas le droit de faire à leur place. Il faut voir très haut, mais aussi savoir plonger dans le détail. Montrer qu’on peut être capable de des­cendre dans la mêlée. Toute no­tre carrière nous a préparés à ces postes-­là, fabuleux, exal­tants.

Quel bilan tirez-vous des relations avec les autres administrations?

Il ne faut jamais perdre de vue l’intérêt général. Avec la police, avec les autres administrations. On ne doit pas être un élément de blocage. J’ai vécu ici une très belle histoi­re avec l’anten­ne de police ju­diciaire d’Auxerre, pres­que à l’envers parfois du plan national. Nous avons joint nos forces à chaque fois que possi­ble, pour neu­traliser des malfaiteurs. Je suis rentré pour ça. Pas pour être sur la pho­to. Les procu­reurs ou le préfet, coordinateurs par nature, ont été eux aussi dans cette logique. Les trois préfets que j’ai connus ont tous eu le même sens de l’État et du collectif.

Partez-vous avec des regrets?

J’en garde certains pour moi. D’autres touchent à l’attractivité du département. Où on se sent bien et où il est agréable de vivre et de servir l’État. Malheureusement, nous avons un mal fou dans les rangs de la gendarmerie à attirer du monde. Ça aura été un combat de quatre ans pour maintenir les effectifs.

Et sur les résultats de votre groupement?

J’ai aussi, il faut le reconnaître, un « regret », entre guillemets, sur la statistique pure. La délinquance, sur certaines catégories, aura augmenté. J’ai énormément d’explications : le contexte de crise, qui favorise les vols, la situation géographique, qui favorise la délinquance de passage, la difficulté de recruter des effectifs normalement expérimentés… Néanmoins, le taux d’élucidation a augmenté lui aussi. Mon honneur aura été de tout enregistrer scrupuleusement, pour fournir, conformément à la volonté du ministre, un thermomètre fiable. Je veux regarder la délinquance en face.

Y a t-il eu une affaire, une enquête, qui vous a particulièrement marqué?

La séquence de décembre 2013 m’aura le plus marqué : l’accident d’avion à Mouffy, et l’homicide à Cravant. La première, parce que c’est un drame humain qui nécessite une mobilisation extrêmement importante et qu’on voit la machine gendarmerie se déployer. Un travail technique, judiciaire, et d’accueil de familles brisées. Le but était de gérer de la meilleure des manières ce qui restera, il ne faut jamais l’oublier, un drame. La seconde affaire m’a marqué parce qu’elle représente aussi la lutte contre le trafic de stupéfiants, qui est un point fort de mon passage ici. Et elle fait le lien entre toutes les formes de délinquance : de petits larcins, de cambriolages, à l’homicide en passant par le trafic de stupéfiants. Ça a été un superbe travail d’enquête, avec une résolution très rapide.

Quel est le grand enjeu de la gendarmerie de demain?

La proximité. La proximité gendarme-population. La proximité gendarme-maire. La cohésion est indispensable si on veut faire un travail de sécurité. Cet ancrage est primordial. La gendarmerie n’est pas une institution hors-sol. On passe notre vie à se battre pour continuer à plonger des racines. C’est ça qui fait qu’on fait bien notre travail. Pour le gendarme de brigade, c’est le point clef : se détacher un maximum des servitudes des procédures, pour privilégier le contact. C’est notre marque de fabrique. Et un combat de tous les jours.

Quel sera votre prochain poste?

Je serai chargé de mission auprès du directeur soutien-finances, à la direction générale de la gendarmerie nationale, à Issy-les-Moulineaux. Il s’agit de gérer la masse salariale, le soutien logistique, l’immobilier, les véhicules, les loyers, le carburant…

Source : L’Yonne.fr

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