Le «collectionneur» d’armes surpris par les douaniers et les gendarmes

Huit fusils-mitrailleurs et de nombreuses  munitions ont été découverts chez ce particulier, à Saint-Lys.
Huit fusils-mitrailleurs et de nombreuses munitions ont été découverts chez ce particulier, à Saint-Lys.
 

Un habitant de Saint-Lys a failli passer son réveillon dans une cellule de la maison d’arrêt de Seysses. En effet, le parquet a requis son placement sous mandat de dépôt hier à l’issue de 48 heures de garde à vue à la gendarmerie de Saint-Lys mais le juge des libertés et de la détention l’a laissé libre. Seule obligation : se présenter mardi devant le tribunal correctionnel de Toulouse. Les gendarmes de la brigade des recherches de la compagnie du Mirail s’intéressaient à cet homme depuis son interpellation par les services des douanes, qui avaient été intrigués par un paquet repéré dans le Nord, à Lille.

Dans ce centre de tri particulièrement surveillé à cause des trafics de stupéfiants, les douaniers n’ont pas repéré de la drogue mais des armes. Plutôt des munitions et des pièces détachées d’arme de guerre. Un matériel suffisamment sensible pour pousser les services spécialisés à s’intéresser de près au destinataire du colis. La livraison «surveillée» a eu lieu vendredi matin et le «client» à peine son paquet récupéré, s’est retrouvé les menottes au poignet.

Après une courte rétention douanière, le suspect a été confié aux gendarmes qui ont mené une perquisition à son domicile. Cette opération a permis de saisir huit armes dont plusieurs fusils-mitrailleurs (et un fusil à pompe) mais également de nombreuses munitions, de 9 mm et 7,65 mm avec différents chargeurs. Ces munitions de gros calibre, cet homme, qui se présente comme un «collectionneur» les fabriquerait lui-même.

Une passion comme une autre sauf que cet individu sans emploi n’est pas vraiment un inconnu pour la justice. Depuis 2007, suite à une condamnation, il a même l’interdiction de détenir une arme, qu’elle soit ou pas de collection.

Aux enquêteurs, il a expliqué être passionné par la Russie, notamment son passé militaire — il possède également différents uniformes. Son goût prononcé pour les armes le pousse à acheter sur internet, notamment en Allemagne, des pièces pour ensuite les remonter. C’est ce qui a permis son arrestation. Ses connaissances lui permettent ensuite de «reconstituer» les fusils d’assaut et de s’affranchir de leur neutralisation pour en faire des armes capables de tirer, et de tuer ou blesser. Un hobby pas du tout du goût du parquet. Le «collectionneur» va devoir convaincre le tribunal correctionnel qui le jugera mardi.

Jean Cohadon

Source : La Dépêche

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