Le château Petrus était de la piquette

Illustration.

L’escroc avait réussi à vendre 16 bouteilles pour plus de 22 000 euros

Il vendait un rêve frelaté. Mais une unité de gendarmerie spécialisé dans la traque des faux vins de Bordeaux a démasqué l’escroc. Paul O…, 67 ans, avait l’art et la manière de vendre de fausses bouteilles de château Petrus, l’un des plus célèbres domaines du vignoble bordelais et mondialement réputé. Il a réussi à écouler sur le site internet eBay 16 bouteilles vendues pour 22 447 € en tout, à des amateurs et collectionneurs de ce précieux nectar qui se conserve bien plus qu’il ne se déguste. Paul O…, vient d’être condamné cet après-midi par le tribunal de Bordeaux à dix-huit mois de prison avec sursis, deux ans de mise à l’épreuve, la confiscation de ses comptes bancaires et devra indemniser la maison Petrus pour préjudice moral pour 10 500 €, sans compter les syndicats des vins bordelais et celui de l’appellation d’origine contrôlée (AOC) de Pommerol. Il devra aussi indemniser tous les clients.

Le château Petrus plus qu’un vin, c’est un placement financier. Paul O…, a joué sur cet engouement pour ce vin d’exception qui peut se négocier entre 1500 euros et 2000 euros la bouteille. Cet homme déjà connu pour des affaires similaires a récupéré d’authentiques étiquettes de Petrus qu’il appliquait sur des bouteilles dites bordelaises. Sauf que le vin qu’il y versait n’avait rien à voir avec la qualité exemplaire du célèbre château. Mais le tour était bien joué car il savait aussi récupérer d’authentiques bouchons de la maison Petrus, qu’il sertissait avec un appareil artisanal. L’illusion était presque parfaite, sauf à boire le vin. Et ce sont des clients indignés qui ont alerté le célèbre domaine qui s’est étonné de l’aspect des bouteilles et a fini par déposer plainte auprès de la gendarmerie.

 

Une unité de gendarmerie spécialiste de la filière viticole

«Le vin de Petrus est un vin emblématique de la région bordelaise. Et nous surveillons de près ceux qui tentent de profiter de cette filière qui écoule un milliard de bouteilles par an. Nous avons donc mis en place une petite unité de gendarmes, la cellule vin, qui va au contact de la filière viticole pour les conseiller mais aussi démasquer les tricheurs car il s’agit surtout de protéger cette importante filière économique», prévient le colonel Jean-Christophe Sintive, le patron des gendarmes de la Gironde.

Paul O…, escroc artisanal avait trouvé le juteux filon. «Il ne faisait pas dans la vente industrielle. Il a même vendu quelques authentiques bouteilles au milieu des fausses les plus nombreuses», précise la gendarmerie, certaine qu’il existe sans aucun doute d’autres victimes de ce vendeur très malin pour se procureur véritables étiquettes, vrais bouchons siglés.

Source : Le Parisien

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