La province canadienne de l’Ontario déclare l’état d’urgence en réponse aux protestations des camionneurs — Discours de Doug Ford

Tout le monde sait que moins d’une heure après que j’aie publié un article concernant un appel téléphonique « secret » du premier ministre de l’Ontario, Doug Ford, faisant état de l’abandon prochain du programme de passeport vaccinal, ce dernier fit un point de presse pour déclarer l’état d’urgence dans la province canadienne, ce qui peut sembler en effet très contradictoire au premier abord. Certaines personnes ont prétendu que l’enregistrement « fuité » (leaked) et transmis à Rebel News était un « Fake ». Personnellement, je ne crois pas que cet enregistrement est un faux et nous verrons ci-dessous que dans sa déclaration de l’état d’urgence, Doug Ford confirme que le Dr Kieran Moore, médecin hygiéniste en chef de l’Ontario, travaille actuellement sur un plan pour supprimer le système de passeport vaccinal. Certaines personnes affirmeront qu’il ne s’agit là que de stratégies politiques visant à confondre la population et c’est tout à fait possible. Par contre, à ce stade, seul l’avenir nous le confirmera.

Le premier ministre Doug Ford a donc déclaré l’état d’urgence et a menacé de lourdes amendes et des peines de prison possibles pour ceux qui perturbent le « mode de vie » des Ontariens. L’injonction du tribunal est entrée en vigueur à 19 heures le 11 février, mais d’autres manifestants sont venus sur le site le soir même. Le blocus au pont Ambassador a évolué depuis qu’il a commencé la semaine dernière. Lorsque l’obstruction à la frontière a commencé, les voyageurs américains entrants ont été empêchés d’entrer au Canada. Cependant, jeudi après-midi, une série de camionnettes a commencé à empêcher les voyageurs canadiens d’entrer dans le Michigan. Le pont Ambassador, le plus achalandé de tous les points de passage le long de la plus longue frontière non défendue au monde, facilite environ le quart de tout le commerce transfrontalier de marchandises entre le Canada et les États-Unis.

Police provinciale de l’Ontario dans un véhicule blindé au pont Ambassador à Windsor le 12 février 2022. (Geoff Robins/AFP via Getty Images).

Le journal The Epoch Times nous apprend que la police est intervenue pour dégager le blocus au passage frontalier. « La police de Windsor et ses partenaires policiers ont commencé l’application de la loi au pont Ambassador et à proximité. Nous exhortons tous les manifestants à agir légalement et pacifiquement », a déclaré la police de Windsor dans un tweet ce matin. « On demande toujours aux navetteurs d’éviter les zones touchées par les manifestations en ce moment. » La Police provinciale de l’Ontario, lourdement armée, est sur les lieux et fait venir des véhicules blindés. La plupart des manifestants ont été dispersés, quelques-uns restant encore sur le site principal de la manifestation. La plupart des gros camions ont disparu. Certains autres manifestants sont passés à la mise en place de barrages sur les routes voisines, au lieu de la route principale menant au pont international.

J’en profite pour vous inviter à regarder la vidéo de Me Claude Laferrière au bas de cet article, intitulée “Le convoi de la liberté: difficultés techniques pour les forces de l’ordre”. Selon lui, ni les médias, ni le politique, ni les pseudo-experts n’ont considéré les aspects techniques du fait de déplacer ces poids lourds. Ni la police, ni les forces armées n’ont été formées pour ce genre de mission. « On cache cet aspect de la crise au grand public », dit-il. Je vous rappelle que Claude Laferrière est un avocat spécialisé en droit de la sécurité nationale et un ex-officier du Royal 22e Régiment. Il est aussi un double médaillé du gouverneur général du Canada pour ses états de service au Service correctionnel du Canada et son rôle auprès des victimes d’actes criminels. Il parle donc en connaissance de cause.

► Discours de Doug Ford (11 février 2022)

Eh bien, bonjour. Face à une menace sans précédent pour notre santé et notre sécurité. Face à une perspective bien réelle. Des patients refusés par des hôpitaux débordés. Face aux conséquences de l’inaction, ce virus nous a constamment contraints à prendre des décisions que personne n’a jamais voulu prendre. En regardant où nous en sommes actuellement et jusqu’où nous en sommes. En repoussant Omicron, il ne fait aucun doute que ce sont les bonnes décisions. Il ne fait aucun doute qu’elles ont protégé nos hôpitaux de l’effondrement et ont sauvé des vies. Aujourd’hui, nous sommes sur la bonne voie pour supprimer très bientôt presque toutes les restrictions imposées aux entreprises dans le cadre de notre plan de réouverture. Et nous avons entendu le Dr Moore la semaine dernière et encore hier qu’il travaille actuellement sur un plan qui nous permettra de supprimer le système de passeport vaccinal.

Mes amis. C’est une super nouvelle qui démontre à quel point nous nous sommes réunis dans ce combat. Mais ces progrès ne changent pas ce que nous avons vécu, car la vérité est que ce virus nous a obligés à faire des sacrifices impensables. Et je sais que cela a été extrêmement, extrêmement difficile. Regarder les commerces fermer, les moyens de subsistance perdus, les libertés restreintes. Rien de tout cela n’a été facile. Les gens sont frustrés. Ils ont peur. Ils sont en colère. Et je sais que ces frustrations ont atteint un point d’ébullition pour de nombreux Canadiens. Le résultat est ce que nous voyons maintenant dans diverses villes de notre province et de notre pays.

Mes amis. L’un des avantages de vivre au Canada est notre droit à la liberté d’expression, le droit de choisir notre gouvernement en votant pour les dirigeants qui nous représentent le mieux. Le droit de manifester pacifiquement lorsque nous ne sommes pas d’accord avec ce que fait notre gouvernement. Mais comme tous les droits, ceux-ci ne sont pas sans limites raisonnables.

Notre économie en Ontario repose sur le commerce, surtout avec nos partenaires aux États-Unis. À lui seul, le pont Ambassador à Windsor génère plus de 700 millions de dollars de commerce bilatéral chaque jour, et ce commerce emploie des centaines de milliers d’Ontariens qui travaillent dans les usines d’automobiles et les usines de notre belle province. Ces emplois nourrissent des millions de familles. Ils sont la bouée de sauvetage d’une province et de son économie. Et bien que j’apprécie le droit de protester, ce droit ne peut pas et ne doit pas aller jusqu’à couper cette bouée de sauvetage. Nous en sommes maintenant à deux semaines du siège de la ville d’Ottawa. J’appelle ça un siège, parce que c’est ce que c’est. C’est une occupation illégale.

Ce n’est plus une protestation. Avec une protestation, vous faites pacifiquement valoir votre point de vue et vous rentrez chez vous. Et je sais que la grande majorité des gens l’ont fait. Ils sont venus, ils ont manifesté pacifiquement, ils ont fait valoir leur point de vue et ils sont repartis. Et je veux dire à ces gens, vous avez été entendus haut et fort. Le Canada vous a entendu.

Mon message à ceux qui sont encore à Ottawa, à ceux qui se trouvent à nos postes frontaliers. Veuillez rentrer chez vous. À ceux d’entre vous qui ont amené leurs enfants, merci de les ramener à la maison. Je vous exhorte. Il est temps de partir et il est temps de le faire sereinement. Mais aux très petits groupes qui ont choisi d’emprunter une voie différente, à ceux qui ont choisi de prendre en otage une ville d’un million d’habitants au cours des deux dernières semaines, à ceux qui ont tenté de perturber notre mode de vie en ciblant nos bouées de sauvetage pour la nourriture, le carburant et les marchandises à travers nos frontières, à ceux qui tentent d’imposer un programme politique par la perturbation, l’intimidation et le chaos. Mon message pour vous est le suivant : votre droit de faire une déclaration politique ne l’emporte pas sur le droit de centaines de personnes. Ce n’est pas un droit de faire passer de la nourriture à travers nos frontières. Votre droit de faire une déclaration politique ne pèse pas sur les droits d’un million de personnes à Ottawa de vivre en paix, sans harcèlement ni chaos dans leurs propres maisons.

Alors permettez-moi d’être aussi clair que possible. Il y aura des conséquences pour ces actions et elles seront graves. Nous avons déjà commencé par chercher l’argent finançant l’occupation illégale. Hier en Ontario, le tribunal a accordé notre demande de gel des fonds de GiveSendGo pour le convoi. L’OPP (police provinciale de l’Ontario) a également fourni des ressources supplémentaires aux services de police d’Ottawa et de Windsor pour répondre à leurs récentes demandes de soutien opérationnel et il reste encore beaucoup à faire. Nous renforçons les outils et les pouvoirs de nos forces policières pour résoudre cette situation et rétablir l’ordre.

Soyons clairs, le gouvernement ne dirige pas nos forces policières, mais nous établissons les lois. Aujourd’hui, j’utilise mon autorité en tant que premier ministre de l’Ontario pour déclarer l’état d’urgence dans notre province, et je convoquerai le Cabinet pour utiliser les autorités légales afin de promulguer d’urgence des ordonnances qui indiqueront clairement qu’il est illégal et punissable de bloquer et d’entraver le circulation des biens, des personnes et des services le long des infrastructures essentielles. Cela comprendra la protection des passages frontaliers internationaux, des autoroutes de la série 400, des aéroports, des ports, des ponts et des voies ferrées. Elles comprendront également la protection de la circulation sécuritaire et essentielle des services ambulatoires et médicaux, du transport en commun, des routes municipales et provinciales, ainsi que des allées piétonnières. Les amendes pour non-conformité seront sévères, avec une peine maximale de 100 000 $ et jusqu’à un an d’emprisonnement. Nous fournirons également une autorité supplémentaire pour envisager de retirer les licences personnelles et commerciales de toute personne qui ne se conforme pas à ces ordonnances. Cela n’entravera pas les droits des Ontariens de manifester pacifiquement. Il fournira des outils supplémentaires pour aider à mettre fin à l’occupation illégale d’Ottawa et du pont Ambassador à Windsor.

Bien que ces ordonnances d’urgence soient temporaires, nous avons la ferme intention de présenter une nouvelle législation qui rendra ces mesures permanentes en droit. Nous prenons ces mesures nécessaires pour soutenir notre police alors qu’elle fait ce qu’il faut pour rétablir la loi et l’ordre. Et s’il vous plaît mes amis, ne vous y trompez pas, c’est un moment charnière pour notre nation. Les yeux du monde sont sur nous en ce moment, et ce qu’ils voient n’est pas qui nous sommes. Ce n’est pas la raison d’être du Canada. Ce n’est pas ainsi que nous essayons de changer les choses ici au Canada. Nous le faisons par les urnes. Parce que nous sommes Canadiens et que nous valons mieux que cela. Et donc, en tant que province, en tant que nation, nous devons collectivement tracer une ligne. Nous devons défendre les valeurs qui nous définissent. Nous devons nous unir maintenant. Nous devons combler le fossé qui fracture notre société. Nous devons nous unir maintenant, non pas en tant qu’adversaires, mais en tant que Canadiens. Et nous devons voir que les sacrifices que nous sommes obligés de faire ont été faits pour une raison.

Pour voir que grâce aux actions que nous avons menées au cours des deux dernières années, des dizaines de milliers de vies ont été sauvées du COVID-19. Aussi dur que cela ait été, ces sacrifices ont été nécessaires pour protéger des dizaines de milliers de nos voisins, nos amis, les membres de notre famille. Et il n’y a pas de prix que nous pourrions mettre à cela.

Alors, aux manifestants, je dis, nous vous avons entendus. Et il est temps de partir. Aux travailleurs de l’automobile, aux camionneurs et à tous ceux qui sont touchés par la fermeture du pont Ambassador, je dis que nous prendrons toutes les mesures nécessaires pour assurer la réouverture des frontières. Aux habitants d’Ottawa assiégés, je dis que nous veillerons à ce que vous puissiez reprendre la vie et les affaires dès que possible et à nos braves femmes et hommes en uniforme, je veux que vous sachiez que vous avez tout mon soutien pendant que vous travaillez gérer la situation et faire tout ce qu’il faut pour mettre un terme à ces occupations.

Merci et que Dieu bénisse la population de l’Ontario.

Source : Guy Boulianne

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