La lettre de la police qui fragilise la défense de Benalla

Un échange écrit entre un haut gradé de la préfecture de police et le procureur de la République de Paris montre que le jeune couple molesté par Alexandre Benalla le 1er mai sur la place de la Contrescarpe n’a pas commis de violences graves ni n’a menti aux forces de l’ordre, selon nos informations, confirmant une révélation du Monde. Des éléments qui contredisent les propos d’Alexandre Benalla mais aussi du préfet de police de Paris.

Le 27 juillet, sur le plateau de TF1, Alexandre Benalla assurait: “Je considère avoir été confronté à des gens qui sont des casseurs, qui ont commis des actes délictueux”. Il enfonçait encore le clou au sujet du profil qu’il prêtait au couple qu’il avait brutalisé le 1er mai dernier Place de la Contrescarpe, à Paris: “J’ai eu une réaction de citoyen qui a voulu aider à appréhender des gens qui sont pour moi des délinquants”.

Or, selon nos informations ce mardi, confirmant des révélations du Monde, la réponse de la Direction de la sécurité de proximité de l’agglomération parisienne (DSPAP) au courrier initial, le 25 juillet, du procureur de la République de Paris, affaiblit le tableau dressé par l’ex-chargé de mission de l’Elysée.

Pas de “violences graves et répétées”

Dans une première lettre adressée le 25 juillet à la préfecture de police, François Molins a cherché à savoir pourquoi le couple n’avait pas été mis en cause. Un haut gradé de la préfecture répond le lendemain au procureur de la République de Paris: les policiers ont noté que le jeune homme de nationalité grecque et sa petite amie française, qui ont jeté des projectiles sur les CRS place de la Contrescarpe où ils étaient venu boire un verre, ne s’étaient pas rendus coupables de “violences graves et répétées”. C’est la raison pour laquelle ils n’ont pas été poursuivis.

La DSPAP ajoute que la priorité des forces de l’ordre, le 1er mai, avait été donnée à la poursuite judiciaire des Black Blocs. La lettre de la police au procureur précise également que le jeune couple de la Contrescarpe n’est pas connu au TAJ, le fichier national des antécédents judiciaires.

La question des noms

Le courrier de la DSPAP vient également contredire une déclaration sous serment de Michel Delpuech, préfet de police de Paris, devant la commission des lois de l’Assemblée nationale réunie en commission d’enquête le 25 juillet dernier. Le haut fonctionnaire avait accusé les deux personnes malmenées par Alexandre Benalla d’avoir livré de “fausses identités”. La question est donc la suivante: au moment de leur interpellation le 1er mai, le jeune homme et la jeune femme ont-ils bien donné leur véritable identité, leur état-civil, leur adresse? Oui, répond la lettre.

La confusion vient du fait que Maxence Creusat, policier depuis mis en examen pour  violation du secret professionnel et détournement d’images, a mal orthographié le nom du ressortissant grec sur sa fiche d’interpellation.

Source : BFMTV

 

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