La gendarmerie intègre l’opération Tranquillité vacances

Il n’est pas question pour les gendarmes de pénétrer si le portail n’est pas ouvert. - photo Malik LaIdi.

Il n’est pas question pour les gendarmes de pénétrer si le portail n’est pas ouvert. – photo Malik LaIdi.

Appelée à intervenir sur un vaste territoire, la brigade de Dreux bénéficie des interventions complémentaires des gendarmes de Saint-Rémy.

C’est une formule qui marche. Dans une période estivale où de nombreuses propriétés sont abandonnées par leurs occupants, la gendarmerie met en place l’opération Tranquillité vacances. Elle consiste à surveiller de près ce qui se passe autour d’habitations désignées par les propriétaires ou locataires afin de prévenir les cambriolages ou d’intervenir au plus vite en cas de survenance d’un fait délictueux. Qu’on ne s’y trompe pas. En ces temps de disette budgétaire, il ne faudrait pas imaginer que l’institution dispose de moyens supplémentaires à y consacrer.

Le contact est privilégié

« À moyens constants » signifie dans ce cas précis que la visite programmée va s’effectuer dans le cadre des patrouilles habituelles, souvent le matin. Le nombre de lieux inscrits sur le registre dédié varie en fonction des semaines. Pour la brigade territoriale de Dreux, il oscille le plus souvent entre 75 et 100. C’est à la fois beaucoup et peu. Beaucoup puisqu’il s’agit d’une activité supplémentaire à ajouter au service. Peu si on met ce chiffre en relation avec le nombre total de logements répertoriés. En l’occurrence, les forces de sécurité se trouvent le plus souvent en relation avec les personnes qui ont déjà établi le contact avec l’institution, laquelle n’a pas la prétention de se substituer à quelque société de sécurité.

Les gendarmes n’ont pas les clés des propriétés laissées vacantes. Sauf anomalie apparente du type porte fracturée, sauf désordre évident, la visite des lieux ne prendra que quelques minutes. On fait le tour du site. Si le portail est ouvert, la patrouille s’approche du bâtiment. Mais pas question de sauter la clôture ou le portillon. Si rien ne paraît anormal, les militaires sollicitent quand même l’échange avec le voisinage.

Cette volonté de cultiver le contact correspond à l’un des éléments fondamentaux de la vocation de la gendarmerie. Les conditions modernes d’exercice du métier, les réactions de la population aux exercices de verbalisation et de contrôle des vitesses ont affecté ce lien tissé au fil du temps. Les échanges créés par Tranquillité vacances contribuent à restaurer une relation de confiance. Il reste que la ruralité a évolué. Au contact des grandes agglomérations, et à proximité de l’Ile-de-France, le rural a été peu à peu grignoté par le périurbain. Nombre de villages qui avaient conservé des activités se sont transformés en cités-dortoirs. Difficile dans ces conditions d’établir l’échange et de donner quelque substance au renseignement.

S’adapter à l’évolution de la délinquance en milieu rural ou périurbain

Mais la délinquance aussi a évolué. Les cambrioleurs d’aujourd’hui agissent à tout moment, sans repérage préalable, qu’il y ait ou non des personnes dans les parages. La plupart des vols commis sont des délits d’opportunité. Le ou les auteurs profitent d’une situation propice pour s’introduire chez un particulier. La visite du lieu ne prend que quelques minutes, le temps de faire main basse sur les bijoux, l’argenterie, l’or ou les espèces. La matière étant légère, il n’est pas nécessaire de disposer un véhicule à proximité. Les rondes générées par l’opération Tranquillité vacances peuvent avoir un effet dissuasif.

Pour une meilleure couverture du territoire de compétence de la compagnie de Dreux, un partage des interventions se fait avec la brigade de Saint-Rémy-sur-Avre, appelée à couvrir la partie ouest.

Malik Laïdi

Source : L’Echo Républicain

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