” La gendarmerie est enracinée dans le territoire ”

Le colonel Guillaume Jacquet, à la tête du groupement de gendarmerie des Deux-Sèvres.

Le colonel Guillaume Jacquet, à la tête du groupement de gendarmerie des Deux-Sèvres.

Souvent propriété des collectivités, les gendarmeries vont vivre les nouvelles intercommunalités et les futurs cantons. Le point avec le colonel Jacquet.

La pose, hier soir, de la première pierre de la future gendarmerie de Mazières-en-Gâtine, point de départ d’un chantier de 12 à 18 mois, illustre les deux tendances lourdes, version XXIe siècle, de ces bâtiments symboliques de l’ordre républicain, édicté en 1791 : une construction neuve appartenant à une collectivité.

” Aujourd’hui, notre dispositif est cohérent “

Eclairage par le colonel Guillaume Jacquet, à la tête du groupement de gendarmerie des Deux-Sèvres : « La loi nous impose de prévoir l’accueil d’un public à mobilité réduite. L’évolution des normes et de la réglementation, la qualité de la réception des victimes, le souci de confidentialité, la possibilité pour un gardé à vue de s’entretenir avec un avocat, la continuité du service public, le confort des personnels et de leurs familles : tout cela nous fait préférer la construction à la réhabilitation d’une caserne, plus coûteuse et compliquée à organiser. Quant à la propriété des bâtiments, à l’exception de Parthenay et d’une partie de celle de Niort, qui sont détenues par l’Etat, les 29 gendarmeries du département appartiennent à une commune, une communauté de communes ou au conseil général, auxquels nous payons un loyer. »
Les dernières réalisations en témoignent : du neuf à Brioux-sur-Boutonne (communauté Val de Boutonne, juin 2012), à Argenton-les-Vallées (SIVOM, septembre 2012), à Saint-Varent (communauté du Saint-Varentais, juin 2013). Même stratégie échafaudée à Chef-Boutonne (lancement des travaux en décembre 2013 par un syndicat cantonal spécifique), à Airvault (choix du maître d’ouvrage non arrêté pour ce chef-lieu de communauté de brigades). A Celles-sur-Belle, à côté de la brigade, la commune pourrait construire des locaux destinés à un groupe d’investigation cynophile (GIC), qui dépendrait du commandant de région de gendarmerie à Poitiers.
Rien n’est figé. Les fermetures des gendarmeries de Saint-Loup-Lamairé (janvier 2010) et d’Argenton-l’Eglise (décembre 2010) montrent que la meilleure fondation ne résiste pas aux choix opérationnels.

Par bassin de délinquance

« Pour dimensionner une unité, explique le colonel Jacquet, nous tenons compte des critères de délinquance, de délai d’intervention, de population, de réseau routier et d’accidentologie. L’idée autrefois évoquée d’une brigade par canton n’a jamais été un impératif intangible. »
Quid des conséquences des prochains redécoupages territoriaux (13 intercommunalités en janvier 2014, 17 cantons en 2015) ? Réponse prudente de l’officier supérieur : « Il ne saurait être question d’interférer avec la parole politique. Aujourd’hui, notre dispositif est cohérent. On est enraciné dans le territoire. Les gendarmes, qui habitent là où ils travaillent, rencontrent tous les jours les élus, qui nous font profiter de leur perception de la réalité locale, complémentaire à la nôtre. »

nr.niort@nrco.fr

chiffres clés

> 29. Le nombre de gendarmeries dans le département (28 brigades), y compris Niort (où la brigade territoriale a été supprimée en mars 2013) et Bressuire (brigade territoriale autonome).
> 10. Les communautés de brigades, sans compter la BTA de Bressuire.
> 3. Les compagnies (Niort, Bressuire, Parthenay).
> 3. Les brigades de recherches (Niort, Bressuire, Parthenay).
> 3. Les pelotons de surveillance et d’intervention (PSIG à Niort avec un détachement à Melle, Bressuire et Parthenay).
> 1. Un escadron départemental de sécurité routière, avec un peloton d’autoroute, quatre brigades motorisées et une brigade rapide d’intervention.
> 441. Les effectifs, dont 24 officiers, 323 sous-officiers, 78 gendarmes adjoints volontaires, 12 militaires du corps technique et administratif de la gendarmerie et 4 civils.
> 1,5. En million d’euros, le prix moyen TTC d’une construction d’une gendarmerie (fourchette de 1,3 à 1,7 M €), comprenant les locaux professionnels, les logements des familles, le parking et la voirie.

Daniel Dartigues

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