La gendarmerie change d’ère

Boulouparis. La nouvelle caserne a ouvert depuis le 1er juin

Depuis le 1er juin, les gendarmes de la brigade de Boulouparis respirent. Les conditions d’accueil et de travail sont nettement meilleures que dans l’ancienne caserne.

Depuis le 1er juin, les gendarmes de la brigade de Boulouparis respirent. Les conditions d’accueil et de travail sont nettement meilleures que dans l’ancienne caserne.

D’un bâtiment vétuste, étroit, réellement d’un autre âge, la gendarmerie de Boulouparis vient d’emménager dans des locaux neufs et modernes, en bordure de RT1. Un saut dans le temps financé par la commune, qui craignait à terme de perdre sa caserne.

«On est passés directement du XIXe au XXIe siècle », résume le commandant Georges Hobt, patron de la compagnie de gendarmerie de La Foa, en pénétrant dans la nouvelle caserne de Boulouparis, ouverte depuis le 1er juin.

L’emplacement, en bordure de RT1, a déjà plus d’allure que la petite entrée camouflée en face de l’OPT. Le parking lui-même est également une petite révolution bien pratique. Mais le vrai changement se situe à l’intérieur, avec d’abord un véritable espace d’accueil, inexistant dans l’ancien bâtiment. « Dans l’autre caserne, l’accueil se faisait directement dans l’un des deux bureaux où travaillaient deux gendarmes. Et la salle d’attente, c’était dehors, explique le commandant Hobt. Le nouveau bâtiment offre plus d’espace, de confort et de confidentialité. »

 

Vestiges. Après un an et demi de travaux, les cinq gendarmes permanents de la brigade, et les deux mobiles de renfort, ont déménagé à quelques encablures de leur ancien lieu de travail. Exigüe, vétuste, sans doute l’un des vestiges les moins glorieux de la gendarmerie sur le Caillou, la vieille caserne ne comptait que deux bureaux, une seule cellule pas aux normes et sans toilettes ainsi qu’un préfabriqué faisant office de bureau du chef de brigade.

La nouvelle caserne, accessible aux personnes handicapées, a fière allure et s’étend sur une superficie cinq fois plus grande. Outre l’espace d’accueil, elle compte cinq bureaux, une salle de repos, deux cellules, des locaux techniques et un accès à l’arrière. En plus de respecter les normes de sécurité, les deux cellules faciliteront la vie des gendarmes : « Avant, quand vous aviez quatre ou cinq personnes à entendre, c’était impossible. Nous étions obligés d’en délocaliser pour les entendre à La Foa ou à Thio, précise le commandant Hobt. Nous ne pouvions pas non plus faire de tapissage, pour faire reconnaître un suspect par un témoin. »

Des recueils de plainte et des gardes à vue qui se chevauchent dans le même bureau, voilà qui n’arrivera plus. « C’est un autre monde, plus digne. Les plaignants seront accueillis plus humainement, se félicite l’adjudant-chef Philippe Nardoux, à la tête de la brigade depuis trois ans. On travaille dans la bonne humeur, mais les conditions de travail jouent sur le moral, c’est évident. »

 

Logements. Si les gendarmes ont emménagé depuis presque trois semaines, tous les cartons ne sont pas encore déballés. Car pendant ce temps, l’activité continue, avec deux cambriolages à traiter la semaine dernière (l’OPT et l’école maternelle). Malgré tout, le public apprécie : « Certains vont encore à l’ancienne caserne. En entrant ici, les gens sont surpris, car c’est vraiment une belle bâtisse », souligne l’adjudant-chef Nardoux.

Mais les bureaux ne sont pas les seuls à avoir déménagé : à l’arrière de la nouvelle caserne, quatre autres bâtiments accueillent des logements pour les gendarmes, jusqu’ici hébergés à droite à gauche dans des locations privées. Désormais, l’ensemble des membres de l’équipe et leurs familles vivent donc à proximité, ce qui constitue un plus en termes de disponibilité et de réactivité. Pas de doute, la brigade respire.

Des locaux payés par la mairie

L’éventualité d’une fermeture de la brigade n’a jamais été formulée officiellement par l’Etat. Mais en ces temps de restriction budgétaire, et devant une caserne en fin de vie, la mairie a préféré prendre les devants et couper court à toute tentation de regroupement. « Moindou a récemment perdu sa gendarmerie, Boulouparis a envie de conserver la sienne pour les services publics et la sécurité des habitants, bien que nous ayons peu de délinquance », déclarait le maire, Alain Lazare, pour justifier la construction des nouveaux bâtiments (caserne et logements) aux frais de la commune (327 millions). Un montage qui constitue une première en Calédonie. Financée par l’emprunt, dont 80 % seront payés par l’Etat sous forme de loyers, l’opération sera à terme « presque blanche pour la commune », selon le maire, sachant que les deux terrains ont été rétrocédés par l’Etat à la municipalité. La vieille caserne sera ainsi démolie. Le commandant Hobt ne met pas en doute l’utilité d’une brigade à Boulouparis : « Nous avons ici la première grosse concentration de population après le Grand Nouméa, et qui est amenée à se développer. Toute la Calédonie passe aujourd’hui par Boulouparis et la surface que couvre la brigade, de Ouatom à Tontouta, est la sixième de France. »

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