Jihadiste bretonne. Après les confidences, le choc

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Probablement réfugiée aujourd’hui au nord d’Alep, Émilie König est devenue une influente recruteuse. Elle figure sur le liste noire américaine des terroristes internationaux.

Avant de quitter brutalement la France pour la Syrie, fin 2012, Emilie König, cette Lorientaise considérée comme l’une des principales recruteuses de candidats français au jihad, s’était confiée à une sociologue. La diffusion, jeudi, de plusieurs extraits vidéo du documentaire qu’elle préparait ont provoqué une vague de réactions en Bretagne (*).

« Elle m’a confié avoir beaucoup pleuré quand Ben Laden est mort. Elle m’a aussi dit sa fascination pour les armes ». La voix off qui accompagne les images d’Émilie König, la jihadiste bretonne de Daesh est celle de la sociologue Agnès De Féo. Sur la vidéo diffusée jeudi par L’Obs, on voit la Bretonne, en mai 2012, entièrement voilée, gantée de noir, préparer des crêpes à son hôte.

La sociologue tourne un documentaire sur le voile intégral. « C’est ma seconde peau confie celle qui se dit “traumatisée” par un contrôle policier, “par le regard des gens” et “la discrimination”. Pourquoi on ne me respecte pas ? » s’offusque-t-elle.

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Menaces de mort au Télégramme

Radicalisée, la jeune femme a quitté Lorient quelques mois plus tôt avec ses deux enfants, après plusieurs retentissants incidents qu’elle a provoqués en ville. En 2010, elle distribue des tracts appelant au jihad devant la mosquée. En 2012, convoquée au tribunal, elle se présente intégralement voilée et provoque une altercation avec un vigile. Elle filme la scène et la diffuse sur les réseaux sociaux. Le Télégramme rapporte l’incident. Le jour-même, elle téléphone à la rédaction et profère des menaces de mort. « Cela partait dans tous les sens, se rappelle le confrère qui lui a répondu. Elle était hystérique et son discours très décousu ».

Émilie König a alors 28 ans. Née à Ploemeur le 19 décembre 1984, dernière d’une fratrie de quatre enfants, fille de gendarme, la jeune femme s’est convertie à l’âge de 17 ans à l’islam, après avoir rencontré son premier mari, algérien d’origine, violent, qui part en prison pour trafic de stupéfiants. Elle se fait alors désormais appeler Samra. Elle divorce. « C’était un Musulman complexé… » dit-elle, en 2012, face à la caméra de la sociologue Agnès de Féo.

Plus de 200 résidents français « recrutés »

« Elle m’a appelée peu de temps avant son départ, se rappelle la sociologue. Elle était en très grande détresse. Ses comptes avaient été gelés, et elle ne supportait plus les regards des gens ». Elle confie aussi que son petit ami belge, rencontré sur les réseaux sociaux et qui s’était présenté comme un compagnon de Ben Laden, venait de la tromper. « Il lui avait demandé une photo d’elle nue. Il l’a diffusée sur Internet ». Émilie veut « quitter la France. Partir pour la Grande-Bretagne ou le Yémen, je ne sais pas ». Ce sera la Syrie, seule. Elle se fait appeler Ummu Tawwab, se marie avec un jihadiste français dénommé Abu Mohammed. « S’il meurt au combat, je ferai une opération martyre », assure la jeune femme dans des messages que Le Télégramme avait pu retrouver sur les réseaux sociaux (notre édition du 2 mai 2015). Son mari est mort, mais « Ummu Tawwab », qui a eu un enfant en Syrie, ne s’est jusqu’à présent pas fait exploser. Probablement réfugiée au nord d’Alep, Émilie König est devenue une influente recruteuse. Plus de 200 résidents français auraient cédé à ses appels à partir faire le jihad. Depuis septembre 2015, la jeune femme figure sur la liste noire américaine des terroristes internationaux. Elle serait la première femme à y avoir été inscrite.

(*) Après diffusion d’un premier article mis en ligne le jour même sur notre site web, les « confidences » de la jihadiste ont déclenché des flots d’insultes et de menaces de la part de nombreux lecteurs.

Source :  Le Télégramme

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