« J’ai perdu mon identité » : de femme coquette à « gilet jaune » éborgnée

64e69cd_5r3BQHke7U0uN-hH-1g_IOQnBlessée au front par un LBD 40, Vanessa Langard tente d’accepter son nouveau visage. (Mahaut Landaz)

VIDEO. Cette auxiliaire de vie tente d’accepter son nouveau visage. Avec difficulté. Elle raconte à « L’Obs » comment sa blessure a affecté son identité de femme.

Pour l’acte 27 du mouvement des « gilets jaunes », ce samedi 18 mai, Vanessa Langard ne descendra pas dans la rue. Le traumatisme est encore trop grand pour cette femme de 34 ans blessée au visage par un tir de LBD 40, le 15 décembre 2018 à Paris. Sortir dans la rue à visage découvert reste difficile. « J’ai tendance à me camoufler », admet Vanessa, qui a besoin de porter une casquette et des lunettes de soleil pour mettre le pied dehors. Un entretien à voir ci-dessous :

En regardant les selfies de son ancienne vie, Vanessa Langard a le visage triste. Longs cheveux blonds, rouge à lèvre pétant, sourcils bien dessinés… « Cette Vanessa, elle a confiance en elle, elle est bien maquillée… C’est plus pareil », confie-t-elle un brin résignée.

Vanessa Langard a perdu les trois quarts de la vue à l’œil gauche. L’hémorragie au niveau du cerveau provoquée par l’impact a également affecté sa mémoire et sa capacité de concentration. Mais pour cette femme coquette, « le plus difficile a été de ne plus se reconnaître ». « C’est comme si j’avais perdu mon identité. Tout ce qui faisait que j’étais moi », résume-t-elle.

« J’arrive plus à me regarder dans le miroir »

Vanessa Langard passait des heures dans la salle de bain. « J’étais quelqu’un qui adorait se préparer, se pomponner, qui se faisait les ongles, mettait plein de bijoux… Je sais que j’ai été très bien réparée, mais je n’étais pas comme ça avant », glisse, voix tremblante, la « gilet jaune ».

Cette native du Val-de-Marne a le sentiment de « ne plus être la même personne ». Passionnée de maquillage, elle n’arrive plus à se regarder dans la glace. Renonce à se faire les ongles. « Je n’ose plus, je me dis que sur une blessée, ça fait trop. Et que ça n’irait pas avec mon visage ».

Pourtant, de l’avis de ses proches, Vanessa Langard a fait des progrès grâce à la rééducation et au suivi psychologique. Si sa vie est rythmée par les rendez-vous médicaux, les efforts paient. Récemment, elle a réussi à prendre le bus accompagnée.

Source : L’Obs

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