Ils ont choisi de devenir gendarmes réservistes

500 étudiants ou jeunes salariés viennent de participer à un stage de douze jours.

Pendant douze jours, les stagiaires ont enchaîné les ateliers : secourisme, transmission, footing, tir au pistolet et, comme ici, entraînement à l’intervention professionnelle.

Pendant douze jours, les stagiaires ont enchaîné les ateliers : secourisme, transmission, footing, tir au pistolet et, comme ici, entraînement à l’intervention professionnelle. (photo P.-M.R.)

Ils ont entre 17 et 31 ans. Ils sont étudiants ou salariés originaires de la région, mais aussi des Midi-Pyrénées et du Limousin. Lundi 15 juillet, ils ont débarqué au centre national d’entraînement des forces de gendarmerie de Saint-Astier. Le temps de poser leur sac, de prendre possession des lieux et d’un débriefing avec les gradés et ils ont débuté un stage de 12 jours qui doit leur permettre de devenir réservistes opérationnels de la gendarmerie.

Ils sont près de 500. Tous volontaires. La plupart ont mordu sur leurs vacances pour participer à ce rendez-vous qui ne va pourtant pas les ménager. Glandeurs, fainéants et autres allergiques à l’exercice physique sont priés de passer leur chemin. Ici, pas question de bronzette. Les temps morts ne se compteront au bout du stage que sur les doigts d’une seule main.

Longues journées de stage

Au planning, tout le monde debout à 5 h 30, toilette, petit-déjeuner et c’est parti pour une journée d’activités intensives qui doivent leur permettre de devenir rapidement opérationnels. Les corvées peuvent même empiéter sur la pause de midi. Pour rejoindre les dortoirs, il leur faudra attendre 23 heures.

En ce mercredi matin, ils sont une cinquantaine, alignés par deux, sous un grand hangar. Au programme, une initiation à l’intervention professionnelle. « Lorsqu’ils seront en patrouille, ils pourront être amenés à affronter des individus particulièrement énervés, souligne le major Labatut, qui seconde le lieutenant-colonel Gillet, directeur du stage. Ils doivent donc apprendre à rester calmes et à les maîtriser dans des conditions de sécurité maximum. »

Deux jeunes filles se font face. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, elles sont nombreuses ici (44 %). Aux ordres de l’instructeur, l’une d’entre elles déploie son bâton télescopique et se met en condition de frapper son adversaire. Les mouvements s’enchaînent, les coups de pied volent, les visages marqués par l’effort se durcissent, les premières gouttes de sueur perlent sur les fronts. On souffle, on s’essouffle dans les rangs.

Autre ambiance, mais même attention au stand de tir. Sous l’œil vigilant de l’instructeur, les élèves apprennent à manier le pistolet automatique Sig sauer qui fera bientôt partie de leur panoplie. On charge, on s’avance, on s’agenouille, on dégaine, on vise, on tire sur la silhouette de carton.

« Nous ne rencontrons que rarement des fous de la gâchette. Ceux-là, nous ne les gardons pas. Notre rôle ici est d’apprendre aux stagiaires à maîtriser leur arme et à ne l’utiliser que dans un cadre juridique très strict de légitime défense », insiste le major.

« Servir mon pays »

Durant leur séjour, entre deux footings, les stagiaires seront aussi initiés aux transmissions radio et au secourisme. Un programme qui satisfait Mathieu, étudiant à Bordeaux. « C’est parfois dur, il faut s’accrocher, mais j’ai la volonté de réussir. Réserviste, pour moi, c’est autant une manière de servir mon pays qu’une porte d’entrée dans les métiers de la gendarmerie. »

Une chose est sûre, aucun participant n’est attiré par l’argent. Le stage n’est pas rémunéré. Tout juste auront-ils la satisfaction de se voir proposer, ce vendredi, un contrat d’engagement lors d’une cérémonie à laquelle participeront le préfet Jacques Billant et le directeur général de la gendarmerie nationale, Denis Favier.

Les jeunes recrues feront alors partie des 26 000 réservistes de la gendarmerie et pourront dès lors rejoindre le littoral pour renforcer les effectifs de la gendarmerie ou répondre à un SMS leur demandant leur soutien pour la recherche d’une personne disparue. Ils toucheront pour toute solde 50 euros par jour. « Mais ils seront nourris logés », souligne le major.

Source : Sud-Ouest

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