Ille-et-Vilaine. « La condition des militaires est critique »

c175fba66dec84b4bd4a768db27dd8e5-ille-et-vilaine-la-condition-des-militaires-est-critiqueLe sénateur Dominique de Legge s’inquiète de la condition militaire. | ARCHIVES

Dans un rapport, le sénateur Dominique de Legge tire la sonnette d’alarme concernant les rémunérations des militaires, s’inquiète du niveau des recrutements et propose des pistes d’évolution pour les retraites.

Une « baisse qualitative des viviers de recrutement », « une insuffisante fidélisation des effectifs incorporés », « un niveau général de rémunération faible » et un système de retraite inadapté. Ce sont certains des principaux points d’alerte que met en évidence le rapport du sénateur Dominique de Legge (LR), dans un rapport d’information sur la condition militaire, publié mercredi.

Niveau de vie inférieur

« On retrouve toujours les valeurs et l’idéal supérieur des jeunes au moment de leur engagement dans l’armée. Mais il faut aussi s’inquiéter, car le décalage avec le reste de la société est aujourd’hui plus important qu’avant, que ce soit en termes de mode de vie, de rémunération… », souligne Dominique de Legge.

Sur la seule question de la rémunération, le niveau général « paraît faible ». « Comparé au niveau de vie annuel moyen des ménages, toutes catégories socioprofessionnelles confondues, celui du ménage dont la personne de référence est un militaire est inférieur de 6 %, alors que celui du ménage dont la personne de référence est un fonctionnaire civil de l’État est supérieur de 12,3 %. »

Recrutement : la qualité baisse

Autre problème : la qualité du recrutement. Si la quantité est toujours là, « la sélectivité baisse depuis 2014, les viviers apparaissent plus fragiles : inaptitudes médicales plus fortes, augmentations des candidats ayant des antécédents judiciaires ». Sans parler de la fidélisation. En moyenne, l’armée rentre dans ses frais quand la recrue reste huit ans dans l’institution. Or, « entre 2014 et 2017, l’armée de terre enregistre une nette diminution des contrats de cinq ans », et les contrats longs de plus de huit ans passent d’une moyenne de 3, 2 % à 0, 5 %. Sans parler du taux de chômage plus important que la moyenne pour le conjoint d’un militaire, et un parc de logements insuffisant pour faire face aux mutations imposées…

Réévaluer retraites et salaires

Dans ses recommandations, Dominique de Legge demande à jouer sur le levier des retraites, qu’il propose d’appeler « reconnaissance de la nation », de réévaluer les indices des salaires en prenant en compte les spécificités de chaque armée.

Même les mutations doivent être revues et limitées « aux strictes nécessités opérationnelles », afin d’en « atténuer au maximum les effets néfastes pour les personnels en privilégiant les bassins les plus proches ».

Source : Ouest-France

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