Il trouve les secrets cachés dans les ordinateurs des gens suspectés par la gendarmerie d’Indre-et-Loire

L'adjudant dispose du matériel pour se connecter à à peu près tous les disques durs ou téléphones portables existants.
L’adjudant dispose du matériel pour se connecter à à peu près tous les disques durs ou téléphones portables existants. © Radio France – Boris Compain

L’adjudant Cordier est le seul Enquêteur en Technologie Numérique de la gendarmerie d’Indre-et-Loire. Son travail consiste à aller chercher des indices dans les téléphones et les ordinateurs portables des suspects. 80% des dossiers qu’il traite sont des affaires de pédophilie.

Il est l’homme chargé de livrer les secrets des ordinateurs et des téléphones portables des personnes interpellées par la gendarmerie d’Indre-et-Loire : l’adjudant Cordier est le seul Enquêteur en Technologie Numérique du département, au sein de la Cellule d’Investigation Criminelle et Numérique. Basé à la caserne de gendarmerie de l’avenue de Grammont, à Tours, il est chargé depuis 2012 de trouver des preuves dans le matériel informatique des personnes soupçonnées de crime.

Des affaires de pédophilies dans 80% des cas

L’adjudant Cordier passe ses journées derrière 3 écrans d’ordinateur. Son principal outil est une valise : elle contient toutes sortes de câbles, qui lui permettent de raccorder à peu près n’importe quel appareil pour en voir le contenu.

« Depuis le début d’année, j’ai traité environ 70 disques durs et une soixantaine de téléphones portables. Il y aussi des clés USB et des consoles de jeu, dont les joueurs se servent pour discuter entre eux »

Un million d’images visionnées en un mois

L’adjudant est parfois sollicité pour des affaires d’homicides, mais dans 80% des cas, il doit rechercher des photos ou des vidéos pédophiles. Il recopie le disque à analyser sur un autre, pour ne jamais risquer d’abîmer l’original. Son matériel permet maintenant de reconstituer la plupart des fichiers qui ont été effacés, en plus de ceux qui sont toujours dans l’ordinateur ou le téléphone. Ensuite, c’est à l’adjudant d’isoler les fichiers criminels.

« J’ai fait un disque dur où il y avait un million d’images, j’ai mis un mois pour le traiter. Il fallait que j’ouvre chaque image, une par une, pour voir si c’était de la pornographie ou de la pédo-pornographie. C’est très fatiguant…il y en a qui vont fantasmer sur mon travail parce qu’ils vont trouver ça bien, mais non!! (rires) »

L’adjudant Cordier ne rencontre jamais les personnes dont il analyse les ordinateurs. Il n’a jamais non plus rencontré la psy qui vient à la caserne, mais il concède qu’il fait beaucoup de sport, pour évacuer ce qu’il voit. Il part à la retraite à la fin de l’année. On ne sait pas encore qui lui succédera, ni quand il arrivera.

Source : France Bleu

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