Il s’énerve et casse le doigt d’un gendarme

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FUMAY (08). Cinq gendarmes de la brigade de Fumay viennent de prendre place sur le banc des parties civiles du tribunal correctionnel de Charleville-Mézières. Le plus jeune d’entre eux, âgé d’une vingtaine d’années, a la main droite plâtrée. Il porte les stigmates du coup de sang d’un homme de 37 ans, originaire de Revin.

42 jours d’ITT

Il est environ 17 heures, samedi après-midi, lorsqu’un individu, fortement alcoolisé, gare son scooter dans la cour de la gendarmerie de Fumay. Il se rue vers l’accueil en lançant une bordée d’insultes. Totalement hors de lui, il tente de pénétrer dans les locaux de la brigade. Un jeune gendarme adjoint volontaire intervient pour le menotter, vite. Trois collègues viennent lui prêter main-forte. Le forcené ne se laisse pas faire et essaye de leur porter des coups. Dans la mêlée, le jeune militaire est gravement blessé à l’annulaire droit. Il s’est vu prescrire 42 jours d’ITT. « Vous étiez convoqué à la gendarme pour des injures contre votre ex-compagne », rappelle le présent du tribunal, Jennifer Picoury, au prévenu. « Vous étiez passible une simple contravention. Pourquoi une telle violence ? », demande le substitut du procureur. « C’est à cause de mon « ex », elle n’arrête pas de me poser des problèmes en confisquant le téléphone aux petits. Du coup, je n’ai plus de nouvelles. » « Et les gendarmes, ils y sont pour quoi ? », relance le président du tribunal. « Pour rien », admet le prévenu. Avec six mentions à son casier judiciaire, le mis en cause a un lourd passif dû à son alcoolisme. « On s’est déjà vu pour des problèmes d’alcool, rappelle le juge Picoury. Et à chaque fois pour des choses plus graves. C’est ce qui m’inquiète. » « Oui, mais je n’arrive pas à résister… » Samedi dernier, une fois de plus, le prévenu a succombé à l’appel de la boisson : « C’était l’anniversaire de mon actuelle concubine. On n’allait pas se regarder dans les yeux sans boire. » Le mis en cause jure « ne plus (se) souvenir du tout » du moment où il s’est rebellé. Pourtant, son médecin traitant stipule qu’il ne présente pas de perte de mémoire suite à une prise d’alcool.

« Une véritable furie »

L’avocat des gendarmes ironise sur cette « amnésie sélective » avant de revenir sur la violence de la scène : « On a l’impression d’une véritable furie qui ouvre les portes de la gendarmerie comme dans un saloon. » Le président Picoury invite le gendarme adjoint blessé à s’exprimer. « J’ai beaucoup de crainte quand à mon avenir professionnel si ma récupération ne se passe pas bien. » Le jeune homme s’interrompt, saisi par l’émotion. « C’est très clair, martèle son avocat. Si ce jeune gendarme n’est pas déclaré bon pour le service à sa prochaine visite médicale, il sera réformé. » L’avocat de la défense tente de relativiser le geste de son client : « On a simplement à faire à quelqu’un qui a vu rouge. Il est sous bracelet électronique et a déjà eu des problèmes de retard à cause des convocations à la gendarmerie suite à des plaintes de son ex-femme. » Le mis en cause est finalement condamné à 18 mois de prison dont six avec sursis et mise à l’épreuve.

Source :  L’Union  L’Ardennais

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