Hommage national au gendarme Beltrame mercredi alors que l’enquête sur l’attentat se poursuit

Des experts se dirigent vers le supermarché.Les médecins légistes français apportent du matériel au supermarché Super U de la ville de Trèbes. Photo : Getty Images/PASCAL PAVANI

Les gardes à vue de la compagne et d’un ami du djihadiste Radouane Lakdim, responsable de l’attaque qui a fait quatre morts dans le sud de la France, ont été prolongées pour un troisième jour consécutif. L’Élysée a par ailleurs annoncé qu’une cérémonie d’hommage national au lieutenant-colonel Arnaud Beltrame, mort en tenant tête au djihadiste, aura lieu mercredi.

Radio-Canada avec Reuter et Agence France-Presse

La jeune femme, âgée de 18 ans, avait été interpellée vendredi soir quelques heures après l’attentat, et l’ami, un jeune homme de 17 ans, dans la nuit de vendredi à samedi.

La jeune femme « manifesterait des signes de radicalisation », selon une source proche de l’enquête. Elle serait d’ailleurs « fichée S » [pour « Sûreté de l’État »], ont indiqué à l’AFP deux sources : l’une proche de l’enquête et une autre judiciaire à Paris. Elle était suivie par les services de renseignement.

Dans le cadre des enquêtes antiterroristes, les gardes à vue peuvent être prolongées jusqu’à 144 heures dans les cas exceptionnels.

Les enquêteurs cherchent toujours à déterminer les raisons du passage à l’acte de Radouane Lakdim et à établir s’il avait des complices.

Hommage national

Des bouquets de fleurs.

Une photo du lieutenant-colonel Arnaud Beltrame est attachée à un bouquet de fleurs déposé devant les portes de la gendarmerie de Carcassonne. Photo : AFP/Getty Images/ERIC CABANIS

La cérémonie d’hommage national au lieutenant-colonel Arnaud Beltrame, qui a tenu tête au djihadiste, aura lieu mercredi aux Invalides, à partir de 11 h30, a précisé lundi l’Élysée.

Le chef de l’État, Emmanuel Macron, prononcera l’éloge funèbre de ce gendarme érigé en héros pour avoir pris la place d’une otage vendredi.

L’hommage aura lieu en présence de sa famille et de la famille des autres victimes, a précisé l’Élysée.

L’officier de gendarmerie, qui aurait eu 45 ans en avril, a succombé samedi à ses blessures. Sa mort a suscité une immense émotion et des hommages dans tout le pays pour ce militaire « tombé en héros ».

La mère du gendarme, Nicole Beltrame, a décrit sur la radio RTL un être « loyal, altruiste et depuis tout petit au service des autres, engagé pour la patrie ».

« D’ailleurs, il a dit très souvent “ma patrie c’est avant ma famille”, ce que j’acceptais […]. Il ne pouvait pas faire autrement, ce n’est pas quelqu’un qui pouvait se dérober », a-t-elle témoigné, assurant n’avoir « pas du tout » de haine pour l’auteur des attaques. « C’est de l’indifférence et le plus grand des mépris ».

L’autopsie du lieutenant-colonel Arnaud Beltrame, tué après s’être livré à Lakdim pour sauver une otage du supermarché de Trèbes, a mis en évidence des lésions par balles non létales et a « révélé une plaie gravissime de la trachée et du larynx par arme blanche ».

Débat politique

Ces attentats ont pris progressivement une tonalité plus politique, avec des critiques très vives de la droite et de l’extrême droite contre le gouvernement Macron.

La présidente du Front national, Marine Le Pen, a réclamé lundi la démission du ministre de l’Intérieur Gérard Collomb, fustigeant une « défaillance profonde » du gouvernement dans la lutte contre le terrorisme.

Laurent Wauquiez, président de LR (opposition de droite), a dénoncé la « coupable naïveté » d’Emmanuel Macron et réclamé le rétablissement de l’état d’urgence.

Il a réitéré sa demande de rétention administrative des fichés « S » les plus dangereux et l’expulsion des étrangers qui seraient dans cette situation. L’ex-premier ministre socialiste Manuel Valls a lui aussi évoqué une éventuelle « rétention administrative » des fichés « S » les plus dangereux et a plaidé pour une « interdiction du salafisme ».

Dans la petite ville de Trèbes, la vie a repris difficilement son cours. Peu d’élèves se sont ainsi rendus lundi matin à l’École L’Aiguille, située à quelques pas du supermarché où la prise d’otages a eu lieu.

« Tout le week-end, [mon enfant] n’a fait qu’en parler […] c’était un peu dur pour lui; il a passé la matinée, presque toute l’après-midi, jusqu’à 16 h, sous les tables », rapporte Nadia, les yeux embués et la voix chevrotante.

« Il racontait ce qu’il avait entendu : que quelqu’un tirait sur les gens. Il avait surtout peur pour moi, parce que je fais mes courses tout le temps là-bas. Il m’a dit : maman, j’imaginais que tu étais là-bas avec mon frère, qu’on vous tirait dessus ».

Au supermarché, la station-essence a rouvert. En revanche, le magasin et l’accès à ce dernier sont fermés. Les enquêteurs poursuivaient lundi matin leur travail sur les lieux.

Une minute de silence devrait être observée lundi à midi dans tous les supermarchés de France.

Source : Ici Radio Canada

 

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