Hérault : le lion évacué, le maître déféré

Justice

Mercedes qui détenait Ciam avec son mari, dit adieu au lionceau, en partance pour un sanctuaire belge./TopSud
Mercedes qui détenait Ciam avec son mari, dit adieu au lionceau, en partance pour un sanctuaire belge./TopSud

Anthony Crapet s’est rendu aux gendarmes et à la raison, hier. Le lion, Ciam, qu’il détenait illégalement dans son bout de jardin, à Poussan, a été évacué hier et pris en charge par 30 millions d’amis.

Après quatre journées de vive tension entre les autorités et son «maître», Ciam, le lion de Poussan (Hérault) a pu être évacué de sa minuscule cage où il était retenu, dans le jardin d’un maçon de 36 ans, père de jeunes enfants, qui s’était soudainement pris de passion pour les grands fauves.

La veille, une réunion à la préfecture en présence du préfet et du procureur de la république de Montpellier avait décidé de la saisie administrative de l’animal, provisoirement confié à la Fondation 30 millions d’amis.

L’organisme prendra en charge les soins du jeune mâle de 14 mois, ainsi que son transfert vers le sanctuaire belge Natuurhulpcentrum.

Trois heures plus tôt, sur le conseil d’un ami gendarme, Anthony Crapet, le propriétaire du lionceau s’était rendu à la gendarmerie, pour discuter d’une solution et sortir de la crise qu’il avait lui-même déclenché samedi, en tenant tête pendant quatre heures aux gendarmes venus saisir le lion. Il menaçait de tuer l’animal et de se suicider dans la foulée.

Lundi encore, il avait éconduit son entourage et s’était barricadé pour rester seul avec son lion et son fusil.

«Ce matin, il pensait se rendre à une discussion mais il a été piégé. Une fois à la gendarmerie, ils l’ont placé en garde à vue. Ils l’ont piégé. Ensuite il m’a demandé d’être coopérative» raconte Mercédès Salas, l’épouse d’Anthony, qui devait passer en mai prochain son certificat d’aptitude à soigner des fauves.

Hier, après l’examen minutieux de l’animal de dix-huit mois, endormi à la piqûre hypodermique, les vétérinaires spécialisées ont brancardé Ciam, puis ils l’ont installé dans une cage de transport. «Il va rejoindre un centre spécialisé dans les soins pour les animaux sauvages. Il aura une vraie vie de lion. Ici il avait une vie de chat» explique Caroline Medous, responsable de la direction départementale de la Protection des Populations (DDPP) qui a supervisé l’opération.

«Il nous fallait trouver une solution. Je regrette qu’on ne nous ait pas laissé le temps, pendant quelques mois que j’obtienne mon diplôme en mai prochain. C’est un jour de tristesse pour nous. Pour toute la famille» assure Mercedes en larmes.

Derrière la grille, dans sa cage de transport, Ciam, à moitié réveillé après son anesthésie, ouvre de grands yeux étonnés. Mercedes est restée avec lui pendant quelques minutes.


Le maçon encourt 6 mois de prison

Anthony Crapet se trouvait toujours hier soir en garde à vue à la gendarmerie de Mèze (Hérault). Il sera déféré ce matin au parquet de Montpellier. Il y sera mis en examen pour détention illégale d’un animal sauvage. Il encourt une peine de six mois de prison et de 9 000 € d’amende. A priori, dans un esprit d’apaisement judiciaire, celui qui se considérait comme le deuxième père de Ciam, sera convoqué ultérieurement devant le tribunal correctionnel. Il pourrait aussi avoir à répondre de menaces proférées lors de la tentative de récupération du lion par les gendarmes samedi dernier.

Pour sa part, la Fondation 30 millions d’amis a déposé plainte à la gendarmerie de Mèze pour notamment «défaut de certificat de capacité», «défaut d’origine» et «mauvais traitements». Selon la Fondation, les conditions de vie du lionceau, «depuis 7 mois dans une cage de fortune de 15 m2» étaient «inadaptées pour ce type d’animal et constituaient de surcroît une menace pour la sécurité publique.»

Source : La Dépêche

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