Gendarmerie : l’adieu aux vieilles casernes

Le commandant Lopé et le major Hamon dans la zone pavillonnaire de la nouvelle brigade de Bléré. Pas vraiment l'allure d'une caserne.

Le commandant Lopé et le major Hamon dans la zone pavillonnaire de la nouvelle brigade de Bléré. Pas vraiment l’allure d’une caserne.

Avec son service immobilier et l’aide des collectivités, la gendarmerie s’installe dans de nouvelles brigades. Un projet de longue haleine.

On est plus habitué à voir les gendarmes sur le bord des routes qu’à enfiler le costume d’agent immobilier. Pourtant, la gendarmerie d’Indre-et-Loire, tout comme dans chaque département, a un service dédié aux logements et aux bureaux de ses différentes brigades et compagnies.
Dans le département, quatre gendarmes sont affectés à ce service, dirigé par le major Éric Hamon, secondé par la chef Sandrine Touraille. Ce service est lui-même chapeauté par le commandant Michel Lopé.

« Par obligations de service, les gendarmes doivent être logés au plus près de leurs bureaux et de leurs secteurs d’intervention. L’ensemble du parc immobilier pour nos structures dans le département représente six cents logements », explique le major Hamon. Outre les brigades et les compagnies, il y a aussi la brigade fluviale à Saint-Pierre-des-Corps (quatre gendarmes) et le peloton de sécurité et de protection d’Avoine pour la centrale nucléaire (58 personnes).
La gendarmerie n’est bien sûr pas propriétaire de ces ensembles immobiliers (appartiennent à l’État les bâtiments d’Amboise, de Tours, de Saint-Pierre et de Joué). Elle est, la plupart du temps, locataire auprès de collectivités (communautés de communes) et organismes (principalement Val Touraine Habitat). Deux de ces bâtiments loués à Val Touraine datent de l’époque napoléonienne. Au-delà de ces cas particuliers, le parc immobilier a vieilli et les normes en matière de logement, de confort, d’énergie ont évolué.

“ Améliorer l’habitat et les conditions du travail ”

La gendarmerie d’Indre-et-Loire a donc lancé, depuis plusieurs années et pour quelques années encore, de grands projets de renouvellement de ses brigades. « Il s’agit d’améliorer le confort de vie des familles, et de travail des gendarmes au sein des bâtiments ainsi que d’améliorer l’accueil et la prise en charge du public », souligne le commandant Lopé.
« Il faut à peu près six ans pour mener un projet de nouvelle brigade à terme, expliquent le commandant Lopé et le major Hamon. Il y a de nombreuses discussions et négociations avec les communautés de communes et avec Val Touraine Habitat car nous avons un cahier des charges que ces entités doivent respecter. Par exemple, nous avons la volonté d’avoir des logements pavillonnaires et non plus des immeubles. » Il ne faut pas oublier, en effet, que collectivités et bailleurs construisent et… paient les bâtiments.
La gendarmerie apporte cependant son obole à hauteur de 18 % pour le coût des bureaux (s’il est dans l’estimation souhaitée par la gendarmerie) et d’autres aides de l’État sont également possibles. En tout cas, les collectivités rechignent rarement à financer ses projets, trop heureuses de garder des brigades sur leurs territoires.

le chiffre

698

C’est le nombre de gendarmes qui, dans l’Indre-et-Loire, sont sous l’autorité du commandant de groupement et doivent ainsi être logés (le coût des loyers est pris en charge par la gendarmerie). Pour les nouvelles constructions, c’est France Domaines qui établit le « juste prix » des loyers. Il y a encore deux ans, le nombre de gendarmes à loger était de 680. Une augmentation qui s’est faite principalement au bénéfice de la centrale nucléaire d’Avoine.

tout neuf

Une brigade basse consommation à Bléré

La nouvelle brigade de Bléré a ouvert ses portes en avril et sera inaugurée demain, vendredi. Le projet, d’un coût de 4,1 millions d’euros, a été porté par la communauté de communes de Bléré Val de Cher. La gendarmerie a subventionné à hauteur de 562.000 € et l’État à hauteur de 150.000 €. De son côté, la gendarmerie versera annuellement 217.500 € de loyers (pendant neuf ans).
Cette brigade compte dix-huit logements en pavillons. Elle accueille l’équipe cynophile d’Indre-et-Loire et est donc équipée d’un chenil. Eau chaude solaire, chaudières à condensation, panneaux photovoltaïques de production d’électricité, isolation avec de la ouate de cellulose… La caserne de Bléré est la première d’Indre-et-Loire aux normes basse consommation.

Pascal Laurent

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